Cinéma

Le chanteur de Gaza

Quand la réalité magnifie le rêve
De Hany Abu-Assad
Avec Qais Atallah, Hiba Attallah, Ahmed Qassim, Abd-Elkarim Abu-Barakeh, Tawfeek Barhom, Dima Awawdeh, Ahmed Al-Rokh, Saber Shreim, Nadine Labaki

Infos & réservation

Lu / Vu par

François Quenin
Publié le 13 mai . 2017

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

C’est une histoire vraie. À Gaza, dans les années 1990, une bande de gamins musiciens chantent et dansent dans les mariages pour se faire quelques sous. L’un d’entre eux a une voix magnifique que l’on remarque immédiatement. En poursuivant ses études, le garçon se produit dans des radios locales grâce à cette voix incroyable. Si bien que son entourage le pousse à se présenter à l’émission phare du monde arabe dans le domaine de la chanson : Arab Idol. C’est au Caire, en Égypte, autant dire un paradis inaccessible pour un jeune Palestinien de Gaza entravé par l’occupation israélienne alentour et empêché de se déplacer. Mais notre chanteur amateur va bénéficier d’un réseau de solidarité et se retrouver sous les projecteurs de la télévision égyptienne. 

Points forts

Le décor du film est naturel, c’est la ville palestinienne amoureusement filmée et pour la première fois dans une production internationale de cette ampleur. Gaza apparaît dans toute sa splendeur et sa fragilité, blanche entre deux bandes bleues, celle de la mer et celle du soleil.

Dans ses ruines, car elle est à moitié démolie, des nuées d’enfants courent, ceux du film se mêlant à ceux des rues, se moquant bien des tensions et vivant le présent.

Le grand moment du « Chanteur de Gaza » est celui du concours de chant télévisé où l’on découvre les coulisses de l’émission et le couronnement possible du chanteur palestinien. C’est une séquence où toute une nation communie, par l’intermédiaire des postes de télévision allumés dans chaque foyer de Gaza et dans tout le Proche Orient.

Points faibles

On peut trouver l’intrigue un peu trop linéaire et simpliste alors qu’en fait la mise en images est au service de la réalité.

En deux mots ...

Mohammed Assaf est devenu, depuis ce concours télévisé, un symbole pour les Palestiniens. Si bien que le président de l’Autorité palestinienne lui a proposé un poste de représentant diplomatique. L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens l’a nommé ambassadeur de bonne volonté.

Un extrait

« On chante pour la paix, pour notre terre. On ne chante pas pour des raisons politiques, on chante pour nous. » Un étudiant palestinien.

Le réalisateur

Hany Abu-Assad, cinéaste palestinien né à Nazareth en 1961,  a émigré aux Pays-Bas en 1980. Après des études de génie technique à Haarlem, il a travaillé comme technicien aéronautique. Il aurait été engagé sur la base de son passeport israélien et renvoyé lorsqu’on se serait aperçu qu’il était Arabe et non Juif Israélien. Il entre alors dans le monde de l’audiovisuel en tant que producteur puis passe à la réalisation en 1998. En 2006, « Paradise now », son troisième film de fiction reçoit le Golden Globe du meilleur film étranger et le prix du meilleur film européen au festival de Berlin. En 2013, « Omar » reçoit le prix du jury de la section Un certain regard au festival de Cannes.

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