Cinéma

L’Ile aux chiens

Le dessin animé au top !
De Wes Anderson
Film d'animation

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 11 avr . 2018

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Se situant dans un Japon à la fois vintage et futuriste, L’Ile au Chiens est un film d’animation qui met en scène une gent animale menacée par des humains…

En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de la ville (imaginaire)  de Megasaki ordonne que tous les chiens de la ville soient expédiés en quarantaine sur une île, qui va devenir l’île aux chiens, qui n’aura rien… d’un paradis. Livrés à eux mêmes, sans autre nourriture que le contenu des sacs poubelles déversés aussi sur l’île, les canidés vont se constituer en bandes. 

La sauvagerie commence à s’installer. Mais un jour, débarque sur cette île, Atari, un petit garçon de 12 ans. Neveu du méchant maire de Megasaki,  il est venu y rechercher son meilleur ami, autrement dit, son chien Spots. Une bande de cinq toutous, aussi gentils qu’intrépides  va lui proposer son aide…

Leurs recherches mettront à jour une conspiration politique qui menace la ville…

Points forts

- Quelle belle fable ! Aussi fantaisiste que poétique, aussi drôle que cruelle, elle en dit long - sous son habillage futuriste - sur le monde d’aujourd’hui, notamment sur l’écologie (l’ile au chiens, transformée en poubelle, est une métaphore de ce qu’est devenue la planète), la folie des humains, l’exclusion et la dictature (la sujétion par l’enfermement).

- Visuellement,  cette Ile aux chiens, à laquelle a collaboré pendant deux ans une équipe de 670 personnes, est un enchantement.  

 - La bande-son est un régal. Wes Anderson aime que les personnages de ses films d’animation soient portés par de grands comédiens. Au générique de la version anglaise de cet opus,  Bill  Murray, Scarlett Johansson et Tilda Swinton. La version française s’offre pour sa part les voix de Vincent Lindon, Isabelle Huppert, Louis Garrel, Daniel Auteuil, Yvan Attal, etc…  Un doublage cinq étoiles… Cela s’entend et s’apprécie…

- Signée Alexandre Desplats (qui vient de rafler le Golden Globe de la Musique pour La Forme de l’eau), la musique est une merveille, qui parvient à avoir une identité propre, tout en ayant des sonorités typiquement japonaises grâce à l’emploi de tambours taiko. Tambours  que le compositeur confronte ici, avec audace, aux sonorités de cuivres occidentaux.

Points faibles

Je n'en vois aucun. Mais pour aimer ce film sans condition, il ne  faut avoir d’allergie ni aux chiens, ni aux dessins animés, ni à la science fiction, ni à la culture japonaise !

En deux mots ...

Décidément Wes Anderson est un réalisateur unique. Pour allier sens et beauté, gravité et humour, dépaysement et « familiarité », il n’a pas son pareil. Même s’il rend hommage à l’esthétique des grands cinéastes japonais comme Kurosawa, L’Ile aux chiens (déconseillé aux enfants de moins de dix ans) ne ressemble à aucun autre film d’animation. Drôle, inattendu du début à la fin, porté par un  graphisme et un univers sonore d’une richesse et d’une beauté ébouriffantes, il transporte dans un ailleurs onirique, tout en dénonçant les réalités et les trivialités du monde d’aujourd’hui. Si on osait, on dirait que son film a « de la gueule ».

Un extrait

« Cette histoire est complètement nouvelle dans la mesure où elle joue sur différents plans, en abordant des thèmes comme l’autorité, la cruauté envers les animaux, la manière de traiter les individus, les groupes et plus encore. Tous ces niveaux d’interprétations sont présents, mais le film fonctionne également très bien si on le considère comme une histoire touchante entre un enfant et son chien. Ce qui est fascinant c’est que Wes a réussi à intégrer tous ces niveaux d’interprétation possible dans un beau récit d’aventures » (Mark Waring, directeur d’animation).

Le réalisateur

Souvent, le pays d’origine des artistes influe beaucoup sur leurs œuvres. Ce n’est pas le cas de Wes Anderson. Ce réalisateur-scénariste-producteur-acteur a beau être né le 1er mai 1969 à Houston, au Texas, rien dans ses films ne laisse supposer qu’il est américain. D’ailleurs à part Bottle Rocket (1996),  Rushmore (1998), La Famille Tennenbaum ( 2001) et Moonrise Kingdom(2012), tous ses autres films se déroulent hors U.S.A. Pour n’en  citer que quelques uns  : La Vie aquatique  (2004), qui  est une comédie fantaisiste dédiée au commandant Cousteau, Le Grand Hôtel Budapest (2014) qui se passe dans une république imaginaire de la Mitteleuropa et A bord du Darjeeling limited (2007) qui nous embarque pour l’Inde.

Wes Anderson est un facétieux globe trotter qui aime  à la fois surprendre, faire rire, et, si possible, émerveiller. Pour chacun de ses opus, il imagine des univers visuels différents.

 L’Ile aux chiens,  qui sort cette semaine est son 9° long métrage; le deuxième, après Fantastic Mr. Fox, réalisé en stop motion. Il a reçu l’Ours d’Argent au dernier festival de Berlin.

Et aussi

1 - « Kings » de Deniz Gamze Ergüven - Avec Halle Berry et Daniel Graig…

 1992. A la suite de la relaxe des policiers qui, pour un simple excès de vitesse, avaient violemment tabassé Rodney King, un jeune automobiliste noir, les quartiers populaires de Los Angeles s’embrasent les uns après les autres… Les émeutes, qui vont durer six jours, se solderont par une cinquantaine de morts…

Il y a dix ans que la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven avait envie de porter à l’écran ces évènements sanglants. Avec ce Kings truffé d’images d’archives, elle le fait  à travers le portrait de Millie (Halle Berry), une jeune femme qui recueille des enfants en attente d’adoption, une sorte de « mère courage » qui essaie d’apporter à sa « tribu », confort, éducation et surtout tendresse. L’amour, pour compenser la pauvreté, pour tenter de faire face à la violence et à la haine...

Dommage que la jeune cinéaste, à qui l’on doit l’excellent Mustang (4 Césars, une nomination aux Oscars), ait voulu intégrer une romance à son récit (Daniel Graig joue les amoureux de Halle Berry). Cela amoindrit la force de son film, formellement réussi, courageux, nécessaire, tour à tour drôle et poignant. 

RECOMMANDATION: BON

 

2 - « Du Soleil dans mes yeux » de Nicolas Giraud. Avec Clara Ponsot et Nicolas Giraud

Irène, mère célibataire, retrouve son fils après une longue absence. Elle est bien décidée à se consacrer désormais à lui. Mais son regard va croiser celui de Yann…

Ces deux lignes jetées sur le papier et qui résument ce film très librement  adapté d’un roman de Philippe Mezescaze (L’impureté d’Irène), ne donnent aucune  idée de la « solarité » de ce premier long métrage qui se déroule à La Rochelle.. Nicolas Giraud dit qu’il fait un cinéma « tactile ». On ne pourrait dire mieux. Avec une grande économie de mots, son film épouse au plus près les vibrations et la sensualité de ses personnages. Cela donne un film magnifique, à « fleur de peau », mais sans aucune impudeur. On a rarement vu le désir filmé avec autant de délicatesse et d’intensité.

RECOMMANDATION: EXCELLENT

 

3 - « Taxi 5 » de Franck Gastambide avec Franck Gastambide, Malik Bentalha, Bernard Farcy, etc…

Vingt ans, mois pour mois, après sa première apparition à l’écran, Taxi reprend du service. Pour ce numéro 5, les compteurs ont été remis à zéro et le moteur du bolide, reboosté… Au générique, exit Samy Nacéri et Frédéric Diefenthal, bonjour Malik Bentalha et Franck Gastambide, qui signe aussi le scénario et  la réalisation de ce nouvel opus.

Evidemment, tout démarre sur les chapeaux de roue. Sylvain Marot  (Franck Gastambide), un flic parisien hors pair muté à Marseille pour avoir couché avec qui il ne fallait pas, est chargé par le maire de la cité phocéenne d’arrêter un gang d’italiens qui braque les bijouteries et roule en Ferrari. Tombé dans un commissariat de branquignols, Marot va s’associer à un certain Eddy Maklouf, un énergumène aussi irrésistiblement pleutre que maladroit (Malik Bentalha, excellent), mais qui a pour lui d’être le neveu du célèbre Daniel Morales… De gags visuels en répliques hilarantes, ça va pulser… Certes, il y a ça et là quelques lourdeurs, mais le rythme, l’énergie, et l’humour potache de cette saga tous publics les font très vite oublier.

Très réussi, mené à un train d’enfer, ce Taxi 5 pourrait bien remettre sur le circuit un genre disparu des écrans français : celui de la (bonne) comédie d’action.

RECOMMANDATION: EXCELLENT

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