Cinéma

Ocean’s 8

Racoleur mais efficace
De Gary Ross
Avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Helena Bonham Carter, Sarah Paulson, Rihanna, Mindy Kalling, Anne Hathaway, Awkwafina

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Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 13 juin . 2018

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Lorsqu’on a la cambriole dans les gênes, que fait-on quand on croupit en prison? Bon sang, c’est évident! On planche sur son prochain casse ! Pendant les cinq années de son incarcération, en digne sœur de son frère Danny - incarné par George Clooney dans la trilogie des Ocean’s -, Debbie Ocean (Sandra Bullock) a donc mitonné ce qu’elle pense être le « coup du siècle », le vol d’une rivière de diamants estimée à 150 millions de dollars.

A peine sortie de taule, elle s’enquiert de recruter son « équipe ». Conseillée par sa meilleure amie, une drôle de pétroleuse, aussi, celle-là (Cate Blanchett), elle engage une orfèvre faussaire (Mindy Kaling), une arnaqueuse pickpocket (Awkwafina), une receleuse (Sarah Paulson), une hackeuse (Rihanna) et une styliste de mode (Helena Bonham Carter). Une fois sa bande formée, en avant pour un briefing sur son plan délirant: le collier convoité sera dérobé au cours d’un des galas newyorkais les plus courus de l’année. On le trouvera au cou d’une star stressée (Anne Hathaway). 

Mis au point avec une minutie machiavélique, ce braquage sans précédent se doublera (comme dans les précédents Ocean’s) d’une vengeance personnelle, Debbie s’étant arrangée pour que son casse soit imputé, à son ex, un méchant marchand d’art qui l’expédia en prison. Mais…

Points forts

- George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon… Excusez du peu ! Pour la trilogie des Ocean’s, Hollywood s’était offert la crème du star-system masculin. Tant pis pour l’explosion du budget « cachets » ! Les producteurs avaient compris que faire interpréter de géniales histoires de casse par les acteurs les plus cool et sexy de la planète pouvait rapporter gros ! Bingo!... Chacun des épisodes avait rapporté six fois la mise… Mais Steven Soderbergh qui les réalisait s’était lassé. Fin du filon ? C’était sans compter sur l’imagination des scénaristes. Et si Danny avait une sœur? Il n’y eut plus qu’à tirer le fil et reprendre la recette de la trilogie d’origine, l‘élaboration d’un casse spectaculaire et audacieux, mais cette fois-ci, concocté exclusivement avec des stars féminines.  Avec le déferlement de la vague féministe, l’idée tombait à pic !

- Voici donc aujourd’hui sur les écrans une version « filles » d’une saga qui avait tétanisé les publics du monde entier. Si Steven Soderbergh apparaît encore à son générique, ce n’est plus en tant que réalisateur - il a passé la main à  son copain Gary Ross - mais en  tant que producteur. Comme il est malin, il est allé débaucher parmi les plus « glamour » des actrices d’aujourd’hui, parmi les meilleures aussi.

- En tête de distribution, dans le rôle de Debbie, Sandra Bullock. Prêtant  à son personnage de reine de la cambriole, son charme et son élégance, cette comédienne éclectique et sexy est plus qu’épatante. A ses côtés, interprétant sa meilleure amie, Cate Blanchett, impressionnante de beauté, d’intelligence et d’énergie. Et puis, les six autres  comédiennes de cette distribution : Mindy Kaling, Héléna Bonham Carter, Rihanna, Anne Hathaway, Sarah Paulson et enfin, la révélation du film Awkwafina, une jeune new-yorkaise prénommée Laura, mais qui a choisi un nom de scène impossible.

- Et puis, et puis encore, au milieu de ce casting huit étoiles, des apparitions  surprises de personnalités, telles qu’en elles-mêmes dans leur propre rôle, comme Anna Wintour, Kim Kardashian. ou Serena Williams.

- Rien que des « filles » ou presque, au générique de cet Ocean’s 8 ? C’est ça qui est nouveau sur une affiche de film américain. Et tant mieux  puisque ces « filles » démontrent que questions rythme, talent et empathie, elles peuvent autant bluffer que les hommes, surtout, lorsque comme ici, elles évoluent dans des décors et des costumes qui en jettent !

Points faibles

Reprendre une formule qui a marché en se contentant de changer le sexe des participants est un peu court… Les scénaristes auraient dû prendre la peine de la remanier de fond en comble. Cela aurait évité cette impression de déjà vu.

En deux mots ...

Une version 100% féminine d’un Ocean’s ? L’idée était formidable, novatrice et bienvenue, en ces temps de vague féministe ! On regrette que les dialogues aient été écrits « à la paresseuse », sans cette auto-dérision  qui faisait le sel des épisodes signés Soderbergh. 

Restent, heureusement, l’élucubration du casse en lui même (abracadabrantesque), les décors, l’efficacité scénaristique, le rythme (d’enfer); et surtout la distribution, réjouissante, surprenante, excellente: un régal !

Un extrait

« La figure du hors-la-loi est au cœur du cinéma américain depuis ses débuts, mais à de rares exceptions près, ces « hors-la-loi » sont toujours des hommes. Je me disais qu’il pourrait être intéressant qu’un groupe de femmes dures à cuire puissent s’imposer dans ce genre qui leur avait jusqu’ici semblé interdit. Et puis, j’ai toujours aimé les films de braquage ». (Gary Ross, réalisateur et scénariste).

Le réalisateur

Fils du réalisateur Arthur A. Ross, Gary Ross, né le 3 novembre 1956 à Los Angeles, est un homme de cinéma complet puisqu’il est à la fois scénariste, producteur, réalisateur et acteur.

Contrairement à nombre de ses  confrères, il n’a pas fait d’école de cinéma. Il a commencé à gagner sa vie comme pêcheur, avant de travailler sur des campagnes d’hommes politiques, notamment celles de Ted Kennedy, puis de Bill Clinton. 

Au début des années 90, il se lance dans le roman, puis devient scénariste. Son premier script, Big, co-écrit  avec Anne Spielberg, la sœur de Steven Spielberg lui vaut d’être nommé à l’Oscar du meilleur scénario original en 1989. Il obtiendra cette même nomination en 1994 pour Président d’un jour d’Ivan Reitman.

Entre ses scénarios originaux et ses réalisations, comme Hunger Games (2012) ou Pleasantville (1998) dont il signe aussi l’écriture des scripts, Gary Ross s’est imposé comme un artiste qui s’intéresse à la part d’ombre et de lumière de l’être humain.

Ce sont ses amis Steven Soderbergh et George Clooney qui ont pensé à lui pour mettre en scène Ocean’s 8, film « spin-off » (dérivé) de la trilogie Ocean débutée en 2001 avec Ocean’s Eleven.

Ocean’s 8 est le sixième film de Gary Ross en tant que scénariste-réalisateur.

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