Expos

Contes de fées

Magique

Infos & réservation

Centre national du costume de scène (CNCS)
Route de Montilly
03000 Moulins
Tél. : 0470207620
http://www.cncs.fr
Tous les jours de 10h à 18h, et à 18h30 en juillet et en août

Lu / Vu par

Philippe Jousserand
Publié le 24 mai . 2018

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Le Centre national du costume de scène de Moulins (CNCS) consacre sa nouvelle exposition aux « Contes de fées » et s’interroge : comment les costumiers traduisent-ils visuellement ces histoires fantastiques ? Pour y répondre, une quinzaine de contes parmi les plus célèbres ont été retenus. Les tenues présentées sont issues de productions théâtrales, chorégraphiques, lyriques, et même de spectacles de marionnettes.

Points forts

1- Les contes de fées, ces histoires merveilleuses et universelles, ont pour vocation d’aider les enfants à grandir, à passer de l’âge des rêves à celui de la réalité. Leurs héros sont des personnages disparates, des humains, des animaux, des êtres chimériques... Pour les habiller à la scène, les possibilités des créateurs apparaissent comme multiples et leur pouvoir d’invention sans limite. L’exposition très riche réunit quelque 150 costumes ! Gros plans sur huit d’entre eux qui nous ont particulièrement séduits. Petite sélection forcément réductrice mais révélatrice de l’ensemble.

2- Immédiatement reconnaissable tant le dessin animé de Walt Disney fait partie de notre culture collective, le costume de Blanche-Neige accueille les visiteurs, posé sur des livres géants. Prêté par le parc Disneyland Paris où il figurait dans la parade de 2007, il s’avère nettement plus luxueux que celui du film et ne respecte pas les codes couleurs des manches ballon, mais l’essentiel est là : la jupe jaune et le bustier bleu roi. Ne manquent que les sept petits costumes indissociables…

3- Le ballet « Casse-Noisette » est certainement l’un des plus représentés au monde. Inspiré d’un conte d’Alexandre Dumas mis en musique par Tchaïkovski, il fut créé en 1892. Dans une même salle sont juxtaposés les costumes de deux productions très différentes, l’une classique, fidèle à la tradition, celle du Ballet du Capitole de Toulouse, et une autre, plus moderne, du Ballet du Grand Théâtre de Genève, habillée par la maison de couture très innovante « On aura tout vu ». Cette confrontation souligne la grande variété d’interprétations des costumiers.

4- Les contes proviennent du monde entier. Ainsi, le livret de l’opéra de Nicolas Rimski-Korsakov « Le Coq d’or » est inspiré d’un texte du Russe Pouchkine, mais considéré comme une satire politique, il fut interdit par la censure tsariste. Le Châtelet a fait don de manteaux spectaculaires et colorés, conçus comme des patchworks par Tomio Mohri pour la mise en scène d’Ennosuke Ichikawa, grand acteur de théâtre kabuki, en 1984.

5- « Cendrillon », l’opéra de Jules Massenet, fut créé en 1899 pour la réouverture de l’Opéra-Comique, premier théâtre à avoir été électrifié. Pour sa reprise en 2011, le metteur en scène Benjamin Lazar a confié les costumes à Alain Blanchot. Celui de la fée, inspiré de l’illustrateur Mucha, est une longue robe en satin jaune, garnie de dentelles lumineuses. Une marraine très électrique ! À ne pas manquer dans cette même salle, la diffusion du « Cendrillon » de Méliès, un film aux multiples trucages très abouti,  datant de… 1899 !

6- Les enfants sont souvent les héros des contes. Dans « Hansel et Gretel » de Grimm, plus ou moins dérivé du « Petit Poucet » de Perrault, un frère et une sœur se perdent dans une forêt profonde. Très populaire, l’opéra est traditionnellement représenté pendant la période de Noël. Les costumes de la production de Vienne sont signés Anthony Ward. Celui du marchand de sable, un manteau bleu nuit sur lequel glissent des nuages et son parapluie constellé d’étoiles, relève de la pure magie.

7- Martine Kahane, la commissaire de l’exposition, tenait impérativement à leur présence et a bataillé ferme pour les faire venir en temps et en heure. Et ils sont là, les costumes du « Songe d’une nuit d’été », signés John et Elisabeth Bury, pour la mise en scène de Sir Peter Hall ! L’opéra, écrit en 1960 par Benjamin Britten, reprend la délicieuse comédie de Shakespeare mais les rôles des fées et des elfes, à l’exception de leurs souverains Titania et Oberon, sont écrits pour des enfants. Influencés par l’époque d’Elisabeth Ire, les costumes dans les tons noir et anthracite, aux reflets argentés, sont simplement somptueux.

8- Écrit en 1865 par Lewis Carroll, le conte « Alice au pays des merveilles » a été illustré très vite après sa publication par le dessinateur John Tenniel. Ses costumes sont donc devenus des figures imposées. Charles Cusick-Smith et Phil R. Daniels leur ont été fidèles dans leur esthétique mais ils ont su les adapter aux exigences de la danse pour le ballet de Michel Rahn. Celui de la Reine de cœur, une robe bustier courte et sa cape en satin à motif de carte à jouer, est véritablement un as. D’ailleurs il a été choisi pour l’illustrer l’affiche de l’exposition.

9- En 1925, Colette écrit le livret d’une fantaisie lyrique, « L’Enfant et les sortilèges », que Maurice Ravel met en musique. En 2013 au Théâtre du Capitole de Toulouse, le metteur en scène Alexandre Camerlo confie les décors et les costumes au grand illustrateur Henri Galeron, une première pour lui. Le costume de la bergère (dans les deux sens du mot) est une robe en soie rayée à motifs floraux montée sur la structure… d’un fauteuil ! La rencontre d’une imagination fertile et d’un savoir-faire affûté.

Points faibles

Les fées s’étant penchées sur cette exposition, il ne semble pas y en avoir...

En deux mots ...

La nouvelle exposition du CNCS est un festin pour l’œil et un régal pour la curiosité. Elle séduira petits et grands puisque les contes de fées, surtout adaptés à la scène, ne s’adressent pas uniquement aux enfants. Un beau travail, cohérent, passionnant qui n’a pas dû se faire en un coup de baguette magique !

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