Livres

Bach, ou le meilleur des mondes

Moins de joie à lire qu'à écouter
De André Tubeuf
Editions Le Passeur - 288 pages

Lu / Vu par

Antoine Legrand
Publié le 12 fév . 2018

Recommandation

2,0A la rigueurA la rigueur

Thème

Plus de 250 ans après sa mort, que nous reste il de l'œuvre de Jean-Sebastien Bach ?  Sans doute plus de questions que de certitudes pour quiconque voudrait découvrir une œuvre aux dimensions gargantuesques. Comment conseiller les néophytes de tous âges qui voudraient tenter de décoder la minutie, l'amplitude et la complexité absolue de l'œuvre de toute une vie ? Cette diversité peut effrayer quiconque voudrait s'aventurer hors des airs connus de tous. C'est ainsi qu'André Tubeuf dit avoir pensé cet ouvrage. Comme le guide qu'il aurait aimé avoir en sa possession lors de sa rencontre avec l'œuvre du maitre allemand. Proposer des pistes de lecture, d'interprétation, de découverte, convoquant la philosophie, la théologie ou la musicologie tout en rappelant la nécessité d'une œuvre plus que jamais d'actualité. Dans un monde de discorde et de paradoxale incommunication, il est urgent de se retrouver non pas dans un monde meilleur, mais bel et bien dans le meilleur des mondes, celui de Jean-Sebastien Bach.  

Points forts

- Les 1001 conseils de l'auteur concernant ses interprétations favorites. Si ceux-ci sont incessants, et se répètent un tantinet tout au long de l'ouvrage, ils permettront aux néophytes d'écouter, de comparer, et de se forger leur première discographie.  

- Les pages superbes abordant l'universalité de Bach, et sa faculté à rassembler. Constante balance entre un bouleversement intime, et un partage que seul la musique peut proposer.   

- Une description technique mais juste, de la variété hallucinante de l'œuvre du Cantor. Variété trouvée dans une contrainte technique démentielle.   

Points faibles

- Une volonté de vulgarisation pour les néophytes trop peu respectée.   

- Nécessite des prérequis musicaux et philosophiques trop importants. Références à la théologie et musicologie qui dérouteront les lecteurs non avertis.  

- Une exigence que l'on retrouve dans le style de l'auteur, très soutenu et fait d'apartés incessants.   

En deux mots ...

Que l'on découvre l'œuvre de Bach, ou que l'on soit un passionné érudit de l'œuvre du maître, Bach ou le meilleur des mondes reste un ouvrage exigeant. De par le style utilisé ou les références philosophiques qu'il convoque, il n'est en aucun cas un guide accessible pour néophytes. Il donnera toutefois aux plus courageux d'entre vous, des pistes d'analyse et des conseils d'écoute par moments passionnants.  L'essai semble ainsi fait pour une lecture sporadique, plus que pour être dévoré d'une traite, déconnecté de la musique. Avant tout destiné aux connaisseurs, il ne remplacera justement jamais l'écoute et la découverte. C'est d'ailleurs là que l'essentiel se fait. À l'heure du tout numérique, glanons, cherchons, écoutons. Bach, génie démiurge, a basé son œuvre sur la diversité et l'accord entre les dissonances. Tâchons de nous en inspirer.  

Un extrait

"Composer, c'est mettre en œuvre, et mettre ensemble ; réunir, faire que ça ne fasse qu'un, comme Dieu qui fait l'univers." André Tubeuf, Bach ou le meilleur des mondes  

L'auteur

Professeur de philosophie, André Tubeuf a collaboré à de nombreuses revues (notamment Le Point, Classica et Diapason). Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont L'offrande musicale (Laffont, coll. "Bouquins", 2007) et Ludwig van Beethoven (Actes Sud, coll. "Classica", 2009) qui lui a valu le prix de l'Essai de l'Académie Française.  

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