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J'ai toujours ton coeur avec moi

Etrangeté et charme
De Soffia Bjarnadottir
Editions Zulma - 142 pages

Lu / Vu par

Marie Ruffin
Publié le 16 fév . 2016

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Siggy, femme excentrique et fantasque, vient de mourir. Elle lègue à sa fille sa petite maison jaune sur l'île de Flatey au large de l'Islande,  avec une lettre pour seul guide. Hildur va devoir affronter les démons de sa mère et ses souvenirs douloureux avec elle pour renaître à la vie.

Points forts

- L'étrangeté et le charme de cette histoire opèrent dès les toutes premières lignes. C'est l'histoire d'une  femme atteinte d'un mal de vivre qui  toute sa vie a oscillé entre désespoir et extravagance, entourée de chats et prisonnière de chimères, et qui n'a jamais su aimer sa fille tout en veillant sur elle. A sa mort, sa fille essaie de comprendre, d'apprivoiser le désamour et l'absence de cette mère qui lui a transmis sa mélancolie, l'empêchant d'être de plain-pied dans la vie et d'aimer son propre fils. Grâce à la présence discrète et l'empathie de David, l'homme aux yeux vairons et son ange gardien sur l'île, Hildur va se libérer peu à peu de ses démons et retrouver le goût de vivre.

- Une écriture simple et poétique, superbe et très bien traduite, nous plonge dans l'univers islandais à la fois froid, magique et sensible où les émotions affleurent avec délicatesse.

- Une jolie galerie de personnages autour d'Hildur, en particulier sa grand-mère Laretta.

Points faibles

- Une atmosphère assez mystérieuse, une quête d'identité, une sorte de conte sans ancrages qu'il faut être prêt à aborder sans a priori, et qui peut dérouter le lecteur.

- Tous les noms islandais ne sont pas faciles à lire.

En deux mots ...

Une découverte étonnante avec ce premier roman de Soffia Bjarnadottir qui m'a vraiment séduite, avec une très belle description d'une relation mère-fille à la fois tourmentée et fusionnelle.

Une phrase

- "Qui était cette femme? Ce n'était pas ma mère. Pourtant elle m'avait mise au monde. Voila pourquoi il m'arrive de l'appeler maman. Je la vénère et je la crains, comme le dieu Shiva qui façonne et défait toute chose".

- "Siggy était un touareg solitaire. Elle ne voyageait pas à dos de chameau mais de renne invisible."

L'auteur

Soffia Bjarnadottir a grandi à Rekjavik, en Islande. Elle écrit ici son premier roman.

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