Livres

Naissance d'un Goncourt

Porté par la vague
De Yann Queffélec
Editions Calmann-Lévy - 230 pages

Lu / Vu par

Marie-Christine Lebrun
Publié le 05 déc . 2018

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Embarqué pour un tour du monde à la voile, Yann Queffélec doit renoncer à son projet lorsque son bateau s’encastre dans le quai des visiteurs  à Belle-Ile. Une improbable créature sortie de l’ombre lui prédit alors un avenir d’écrivain. Cette sorcière - qui s’avère être pour lui une bonne fée- n’est autre que l’éditrice Françoise Verny. Débute alors une amitié qui durera neuf ans et le conduira à effectuer un autre périple, non moins aventureux, mais dans le monde des lettres cette fois…

Points forts

- Yann Queffélec fait revivre la phénoménale Françoise Verny avec sa gouaille, ses excès et ses sautes d’humeur,  tout en rendant hommage à son talent.

- Il nous fait visiter les coulisses de la réussite, du microcosme littéraire parisien jusqu’à l’incontournable Salon de Brive;

- Des passages désopilants : l’épisode du roman de Milena, le dîner avec les grands pontes de la BNP, la traversée en Cessna pour aller à Belle-Ile.

Points faibles

Des digressions, voire élucubrations, d’où un ensemble un peu décousu.

En deux mots ...

Sur un ton familier qui crée une connivence avec le lecteur, Yann Queffélec donne à voir ses débuts en littérature. Il excelle à faire revivre l’incroyable Françoise Verny et s’il souligne avec humour ses travers, il fait aussi la part belle à l’auto-dérision. La période qu’il raconte correspond à l’écriture de ses deux premiers romans : « Le Charme noir » et «  Les Noces barbares »; deux récits sombres, durs, violents, dont le registre tragique contraste avec le ton léger et désinvolte souvent adopté ici.  Même si l’on sent la douloureuse absence de la mère, difficile de faire le lien entre les épisodes cocasses relatés, et la genèse d’un roman poignant qui sera récompensé par le Prix Goncourt. D’un accident de bateau à un accident d’avion, le parcours, chaotique, nous perd un peu, et fait naître un certain sentiment de frustration par rapport à ce que le titre annonçait.

Un extrait

« Quand j’y pense, j’ai un doute, comme vous. C’est un rêve cette mémoire, elle a son nez qui bouge, non ? Eh bien bouge, vieux nez biscornu ! Je ne changerai pas un iota à ce fabliau shakespearien d’une rencontre en dehors de tout milieu littéraire, de tout arrangement ; rien à cette vérité vraie. Personne ne m’a présenté mon éditeur, personne sinon la mer, la fortune de mer, en mai 1978. Je l’ai ramassé sur la jetée comme un gros oiseau noir bousculé par le vent ou bien c’est lui qui m’a ramassé, oisillon dépenaillé, je ne sais plus.

Françoise Verny : ma Françoise Verny.

Ma Françoise.

Mon Yann. » (P.26)

L'auteur

Né en 1949, Yann Queffélec , passionné de mer et de Bretagne, débute véritablement sa carrière d’écrivain en publiant à 32 ans une biographie de Bela Bartok. Après un premier roman, « Le Charme noir » , paru en 1983, il reçoit le Prix Goncourt en 1985 pour « Les Noces barbares ». Il consacre ensuite sa vie à l’écriture, avec des romans, mais aussi des livres pour enfants, un « Dictionnaire amoureux de la mer »,  et des textes qui accompagnent de beaux ouvrages de peinture ou de photographie.  

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