Thêatre-Spectacles

Douze hommes en colère

Toujours aussi impressionnant.
De Reginald Rose
Adaptation en français de Francis Lombrail
Avec Jeoffrey Bourdenet, Antoine Courtray, Philippe Crubezy, Olivier Cruveiller, Adel Djemaï – Christian Drillaud Claude Guedj, Roch Leibovici, Pierre Alain Leleu, Francis Lombrail, Bruno Putzulu, Pascal Ternisien

Infos & réservation

Théâtre Hébertot
78 bis Boulevard des Batignolles
75017 Paris
Tél. : 01 43 87 23 23
http://www.theatrehebertot.com
Jusqu’au 6 janvier: du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 17h.

Lu / Vu par

Yolène Bahu
Publié le 07 nov . 2018

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Coupable! Le verdict était évident, face à un homme accusé de parricide: il est jeune, d’un milieu défavorisé, une voisine l’a vu, un autre entendu, et il a acheté l’arme du crime quelques heures avant... Cela s’annonçait facile pour les jurés, 12 hommes. Cependant, si pour 11 d’entre eux, sa culpabilité est évidente... le juré numéro 8 a un doute. Or, l’unanimité est requise pour prononcer un verdict. Et quel verdict! L’acquittement ou la chaise électrique. 

L’intelligence, l’humanité et la pugnacité d’un seul vont parvenir à faire tanguer les certitudes et les préjugés des 11 autres jurés.

Points forts

- Même si nous connaissons déjà la fin, l’efficacité de la pièce est telle que l’on reste tenu en haleine jusqu’au prononcé du verdict final. Le juré numéro 8 arrivera t-il vraiment à faire changer d’avis tous les autres?

- Ce huis clos est très intense et les dialogues entre les différents jurés introduisent inéluctablement un doute chez le spectateur aussi. La pièce est très réaliste, on aimerait presque pouvoir intervenir et participer au débat!

- Le panel des différentes personnalités qu’incarnent les 12 jurés a été très intelligemment pensé, ils seront tous influencés par des éléments différents, et bien qu’il reste des anonymes dont on ne connaît que le numéro de juré, on s'attache, même aux plus butés.

Points faibles

Je n’en vois pas.

En deux mots ...

Au-delà de l’enjeu du procès pour ce jeune américain qui encourt la peine de mort, cette pièce nous mène à nous interroger sur la façon dont est rendue la justice. Et nous? Qui pouvons tous potentiellement être appelés à devenir un jour juré... À quel point nous laisserions-nous influencer par nos préjugés, nos histoires personnelles, ou encore notre statut social, au moment de décider de l’avenir tout entier d’un autre ?

Un extrait

- Le juré numéro 7, alors qu’ils n’ont pas encore commencé à délibérer: « Allez, qu'on en finisse. J’ai des places pour le match, ce soir. »

- Après avoir procédé à un vote, sans même avoir délibéré au préalable:

LE PRÉSIDENT: « Coupable, à onze contre un. Voilà où nous en sommes »
JURÉ 10 « Ah bon dieu ! Il faut qu'y en ait
un, hein ! »
JURÉ 7 « Bon, alors, qu'est-ce qu'on fait ? »
JURÉ 8 « Il faut qu’on parle, il me semble. »
JURÉ 10 « Ah bon dieu ! »
JURÉ 3 « Enfin, quand même, vous croyez vraiment qu'il est innocent ? »
JURÉ 8 « Je ne sais pas. »
JURÉ 3 « Non mais, soyons raisonnables! Vous étiez avec nous au tribunal. On a tous entendu la même chose. Cet homme est un tueur, ça crève les yeux. »
[...]
JURE 8 « On peut bien prendre une heure pour discuter. Il ne commence qu'à huit heures, votre match. »

L'auteur

Reginald Rose, né  en 1920 et mort en 2002, est un écrivain, dramaturge et scénariste américain.

Après ses études supérieures au City College of New York, il a servi dans l'Armée de terre des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il est surtout connu pour être l'auteur de Douze hommes en colère (Twelve Angry Men), pièce qu'il a écrite en 1953, après avoir été juré dans une affaire assez macabre.

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