Thêatre-Spectacles

Il y aura la jeunesse d'aimer

Un amour qui nous fait du bien
De Louis Aragon et Elsa Triolet
Mise en scène : Didier Bezace
Avec Ariane Ascaride et Didier Bezace

Infos & réservation

Le Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
http://www.lucernaire.fr
Jusqu'au 2 décembre; Du mardi au samedi à 21h; Dimanche à 18h

Lu / Vu par

Anne-Marie Joire-Noulens
Publié le 12 nov . 2018

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Il s'agit ici d'une lecture spectacle. Ariane Ascaride et Didier Bezace prêtent leurs voix aux textes d'Elsa Triolet et de Louis Aragon. Les différents poèmes choisis par les interprètes couvrent la palette des oeuvres des auteurs sur un sujet majeur : l'amour dans le couple, avec ses contradictions, ses inquiétudes, ses joies, ses peurs. 

Ces textes sont tirés notamment des "Oeuvres romanesques" d'Aragon. Les comédiens nous proposent des scènes de la vie quotidienne et nous découvrons l'humour insoupçonné de ce grand poète.

Points forts

- La voix des comédiens est la clef de voûte de cette soirée. Le contraste entre la voix d'Ariane Ascaride, si claire, diaphane, limpide et celle de Didier Bezace, très grave, basse, sourde, contribue à l'émotion que nous procurent ces textes si poétiques, authentiques

- Aragon est un magicien du verbe mais Elsa Triolet n'est pas en reste non plus ; elle a également un joli brun de plume et, par le truchement de nos deux conteurs, nous ressentons toute la sensibilité et les sentiments de passion de ce couple mythique

- Même les silences ont du sens ; de plus, ils sont souvent ponctués par une musique qui accompagne remarquablement ces poèmes sublimes- j'ose employer le mot...

- Mention spéciale pour "la perquisition" des allemands, avec Didier Bezace, qui interprète avec un égal bonheur la victime, le commandant allemand et son adjoint qui chuinte très désagréablement. On rit beaucoup pendant cette visite au cours de laquelle "on n'accuse pas, on soupçonne", ce qui n'est pas plus fameux.

Points faibles

Je n'en vois pas.

En deux mots ...

On passe une soirée formidable au cours de laquelle on nous propose des histoires sous forme de petits morceaux de vie quotidienne pour appuyer les propos des auteurs. Ceux-ci utilisent très souvent leurs écrits pour servir leur engagement politique. Mais ce n'est pas du tout ce qui m'importe dans ces textes. Je suis admirative devant la qualité du verbe et la poésie qui en découle. 

Par ailleurs, les deux comédiens sont épatants, tout à fait complices et complémentaires. Ariane Ascaride opère ici sur un registre que nous ne lui connaissions pas. 

L'ensemble est très réussi. On en redemande ! Et n'oublions pas : "l'avenir de l'homme est la femme", phrase d'Aragon reprise par Jean Ferrat dans sa chanson "La femme est l'avenir de l'homme", inspirée par le poète.

L'auteur

Louis Aragon (3.10.1897 Paris - 24.12.1982 Paris) est poète et romancier. Toute son existence sera marquée par le refus de son père de le reconnaître. Chantre du dadaïsme parisien, il créera le surréalisme avec ses amis André Breton, Paul Eluard et Philippe Soupault. Il adhère en 1927 au parti communiste et sera engagé politiquement très longtemps. Ses poèmes ont été mis en musique et chantés par Léo Ferré et Jean Ferrat, contribuant ainsi à sa notoriété auprès du grand public. 

Il a formé un couple mythique avec Elsa Triolet (12.9.1896 Moscou - 16.06.1970 Saint-Arnoult en Yvelines), elle-même écrivain - elle sera la première femme à obtenir le prix Goncourt - et résistante comme lui. 

Ce couple emblématique des années 30, marié en 1919, sera immortalisé par Aragon dans "Les yeux d'Elsa" . Toute leur vie, ils échangeront des lettres pleines de poésie reflétant l'amour passion qu'ils se portent.

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