Thêatre-Spectacles

L'éventreur

Une drôle de comptine, féroce et féérique
De Pierre Dubois
Adaptation théâtrale de François Lis
Mise en scène : Stéphanie Wurtz
Avec François Lis, Delphine Guillaud, Vincent Gaillard

Infos & réservation

Théâtre L'Essaïon
6 rue Pierre au Lard
75004 Paris
Tél. : 0142784642
http://www.essaion-theatre.com
Jusqu'au 9 juin: Tous les samedis à 18 h

Lu / Vu par

Anne-Marie Joire-Noulens
Publié le 05 mar . 2018

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Le sujet est d'actualité en 1888 : Londres nage en pleine épouvante. Un assassin tue et éventre de très vilaine façon des prostituées qu'il va chercher dans les bas fonds de la capitale anglaise en semant la terreur dès que la nuit tombe. Mais ces jeunes femmes, poussées par la nécessité ("il faut bien se nourrir") continuent à prendre des risques et la série s'allonge. Scotland Yard déploie ses meilleurs limiers pour traquer l'insaisissable tueur, sans grand succès. L'auteur, lui, trouve le tueur d'une façon on ne peut plus détournée. N'oublions pas qu'il s'agit d'un conte, donc nous restons dans ce domaine onirique.

Points forts

- Cette merveilleuse comptine de 10 strophes sur "10 petites catins" à la façon "les 10 petits nègres", dans laquelle il reste une petite catin de moins à la fin de chaque quatrain, superbement interprétée par Delphine Guillaud

- Le jeu magistral des comédiens peu nombreux mais ayant de multiples casquettes, avec le récitant à la voix si bien placée

- La musique, au piano, toute guillerette et qui a le grand mérite, outre sa qualité, d'alléger les évocations détaillées et sinistres des éventrations

- L'auteur fait preuve d'une certaine tendresse envers ces filles de la nuit, ces "muses du réverbère" pour qui "les tarots de la nuit sont cruels"

- Coup de chapeau à la mise en scène réussie et enlevée

- Le théâtre lui-même en sous-sol dans des caves entièrement voûtées et en pierre de taille, médiéval

Points faibles

Je n'en vois pas...

En deux mots ...

Cette pièce est tirée d'un écrit de Pierre Dubois intitulé "Contes de crimes". Le clin d'oeil avec les contes de Grimm n'est pas anodin puisque l'on reste dans le monde de l'enfance en s'orientant vers Peter Pan, sans perdre de vue que, comme chacun sait, les contes sont toujours cruels. Les contes de Perrault ne décrivaient pas des situations forcément sereines et Cruella la sorcière, avec ses pommes empoisonnées, ne faisait pas dans la dentelle non plus. Mais cette épatante comptine, qui revient tout au long du spectacle en leit-motiv et chantée d'une voix si claire, nous replonge dans l'univers des petits et la solution choisie de Peter Pan narrée par le récitant est bien jolie.

L'auteur

Pierre Dubois (1945) a commencé sa carrière comme scénariste de bandes dessinées et est passé maître dans l'art de revisiter les contes de notre enfance, en appuyant allègrement sur leurs aspects féroces, tout en conservant le caractère féerique qui entoure ces histoires peuplées d'animaux souvent imaginaires et de fleurs qui murmurent.

Son monde à lui est celui des fées, des lutins et des elfes. Il s'est fait reconnaître en publiant la "Grande Encyclopédie des fées" puis les "Elfémérides" ou le grand légendaire des saisons, raconté sous le prisme de l'imagerie populaire très proche de la nature.

Ce recueil "Les contes de crimes", paru en 2009, n'est pas passé inaperçu tant l'appropriation de nos contes par l'auteur est originale : Blanche Neige faisant appel à un détective spécialiste des nains de jardin....

Commentaires

Anne
Le 14 avr. 2018
à 20h45

Tres jolie piece qui denonce mine de rien, derriere l'humour et l'innattendue petite touche onirique, l'angleterre de l'epoque.
Bravo aux comediens.

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