Thêatre-Spectacles

Un Chant de Noël

Une petite merveille
De Charles Dickens
Mise en scène : Samuel Sené
Avec Ines Amoura, Julie Costanza, Vincent Morisse, Régis Olivier, Julien Ratel, Mehdi Vigier, June van der Esch

Infos & réservation

Artistic Théâtre
45 bis rue Richard Lenoir
75011 Paris
Tél. : 0143563832
http://www.artistic-athevains.com
Jusqu'au 5 janvier: 14h en semaine, 18h le samedis, 11h le dimanche.

Lu / Vu par

Laurent Stalla-Bourdillon
Publié le 08 déc . 2018

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Existe-t-il un remède à l’avarice et à l’égoïsme ? A cette question bien actuelle, Charles Dickens répond sans détour : oui, il est possible de passer d’une vie centrée sur soi à une vie ouverte aux autres. Ce fut le cas pour un vieil homme, Ebenezer Scrooge, possédé par ses biens, comptant ses pièces à longueur de journée, dont l’itinéraire spirituel nous est raconté. Il n’avait de respect que pour l’argent, bien peu pour les personnes. Il n’aimait que celles qui avaient des dettes envers lui, justement parce qu’elles avaient des dettes ! 

Lorsque Noël arriva, il se révolta même contre l’invitation de son neveu, car « cette fête rend plus pauvre ». Mais seul durant la nuit de Noël, sa conscience lui apparut sous la forme d’un jeune personnage taquin, bondissant et joyeux, nommé Tim. 

Le vieil homme est alors constamment chahuté par Tim qu’il ne peut éloigner et qui ne le laisse pas en paix. Son cadeau de Noël est bien arrivé, mais il ne le sait pas encore ! « Ton âme est en danger »alerte Tim. Scrooge se pense trop vieux pour changer. Or, son lourd passé pèse bien peu en face des choix qu’il peut encore faire. « Tu tiens en tes mains ton destin » lui rappelle sa conscience tout en revisitant son histoire : il revoit son manque de courage pour épouser Bella, lorsqu’il était jeune. C’était l’amour de sa vie, et pourtant il resta seul avec son argent. Devant l’éprouvante vision des âmes des défunts, qui furent jadis ses associés dans sa course aux gains, Scrooge comprend que la cruauté gratuite ne paye pas et que l’argent fait oublier les amis d’autrefois. 

« La plus grande affaire, c’est l’humain, c’est le bien commun » lui chante alors Tim qui lui fait explorer le futur. Scrooge prend alors la mesure de son insignifiance. 

« Tu as le choix de faire les bons choix » encourage Tim. L’homme se laisse toucher et se décide enfin à répondre à l’appel de la joie et du partage. Il entre dans la joie de Noël, tandis que la vie est entrée dans son cœur.

Points forts

-       Une troupe de jeunes acteurs remarquables aussi talentueux dans le chant, qu’excellents dans le jeu, avec Vincent Morisse, Julie Costanza, Ines Amoura, June van der Esch et Régis Olivier, Julien Ratel, Mehdi Vigier

-       Une mise en scène très soignée, brillante par le jeu des lumières, la beauté des costumes et des décors. Des chorégraphies audacieuses et réussies à la perfection.

-       La présence de l’orchestre en arrière scène donne de la profondeur et l’accompagnement musical saisit le spectateur de bout en bout de la pièce.

-       Des leçons de vie essentielles pour les plus jeunes comme pour les plus âgés : « on peut mourir de ne pas aimer ». Ce qui fait tenir à la vie, ce n’est pas ce que l’on possède, mais ce que l’on peut encore donner.

-       A l’heure où tant de personnes aspirent à un monde moins injuste, ce conte rappelle l’existence du secours lumineux de chaque prise de conscience. En mesurant l’injustice de la mort d’un enfant, Scrooge se réveille et semble renaître au meilleur de lui-même. « Aujourd’hui tout commence »chante Tim.

-       La puissance du texte de Dickens parle pour notre époque : apprendre à aimer est la grande tâche humaine, et ce monde est beau de la bonté que l’on y met.

Points faibles

Qu’un tel spectacle parce qu’il est signalé pour la « jeunesse », ne soit pas programmé aussi en soirée pour que les adultes en profitent sans réserve !

En deux mots ...

Ce conte est une ode magnifique à la liberté et à son pouvoir. Dickens, en témoin attentionné aux souffrances sociales de son époque, rappelle pour les générations à venir, que le visage d’une société dépend toujours des choix de chacun, posés en conscience en vue du bien commun. « Réfléchis bien, à toi de choisir » est le refrain de toute la pièce.

L'auteur

Charles Dickens (1812-1870) est l’un des plus grands romanciers britanniques de l’époque victorienne. A Londres, il connut à l’âge de 12 ans, le sort pénible des enfants au travail, après l’incarcération de son père. Pour quelques pennies, il s’épuisait dans les ateliers de fabrication de cirage après que sa famille fut expulsée pour des loyers impayés. 

La misère, et surtout la misère en enfance, le marquera toute sa vie, et inspirera ses chefs d’œuvres de littérature. Auteur de célèbres romans, Oliver Twist, David Copperfield, de nouvelle et de poésies, il fut un ardent défenseur du droit des enfants et de l'amélioration des conditions de vie des femmes.

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