Une Vie sur Mesure

Donne envie de faire swinguer la vie
De
Cédric Chapuis
Mise en scène
Stéphane Batlle
Avec
Axel Auriant Blot
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Théâtre Tristan Bernard
64 rue du Rocher
75008
Paris
0145220840
Jusqu'au 30 décembre 2017: du mercredi au samedi, à 19h.

Thème

Loin d'être idiot ou attardé, Adrien Lepage est simplement... différent. 

A mi-chemin entre Forest Gump et Billy Elliot, ce gamin surdoué, beau de naïveté, vit une passion défendue pour la batterie. 

Petit à petit, il lève le voile sur une histoire aussi drôle que bouleversante. 

Il vous prend par la main et nous conte l'aventure de sa vie à travers son amour pour son instrument. 

Une vie où rythmes et musiques se dégustent justement... avec démesure. 

Une expérience scénique d'une puissance de partage et d'émotion exceptionnelle. 

Points forts

- Axel Auriant-Blot : une pépite ! J'ai été complètement scotchée par la maturité de ce jeune comédien et musicien de seulement 19 ans. Il excelle sur tous les rythmes, de la marche militaire au trash métal en passant pas le cirque ou le carnaval de Rio. Avec sa batterie, il réveille et émerveille les spectateurs. C'est bien la première fois que j'entends du Metallica au Tristan Bernard et rien que pour cela, je vous recommande ce spectacle ! Pendant 1h40, seul sur scène, il nous captive et on en redemande.

- Une histoire émouvante et poétique. En un coup de baguette (magique !), A.Lepage nous transporte dans son monde innocent où tout objet et tout geste donne un son : les tables, les chaises, les barils de lessive, la claque du professeur, etc. C'est très bien écrit. L'auteur nous fait passer par toutes les émotions. On rit, on pleure, on s'interroge, on bat la musique, on danse, ... bref, on vit !

- Un très bon point également pour la mise ne scène. Certains tableaux sont remarquables, notamment l'envolée d'A.Lepage avec ses baguettes en guise d'ailes, une batterie qui ne tient pas en place ou des jeux de lumière.

- En 2016, j'avais déjà adoré ce spectacle joué par son auteur, Cédric Chapuis. J'étais donc très curieuse de découvrir cette nouvelle interprétation: elle m'a encore plus touchée. Bravo !

Quelques réserves

Je n'en vois aucun. 

Juste un conseil : choisissez bien vos voisins car ils seront tentés de battre la mesure et, contrairement à Stéphane Battle, pas toujours dans les temps.

Encore un mot...

De quoi séduire les grands comme les plus jeunes. C'est drôle, touchant, émouvant... et bien rythmé ! Vous en sortirez ébloui, avec un large sourire et l'envie de faire vous aussi swinguer la vie.

Une phrase

- "Je prenais des claques mais j'étais déçu car jamais dans les temps."

- [la batterie] "c'est plus qu'un instrument de musique, c'est un cœur qui bat."

- [la batterie] "on n'a pas besoin d'instrument pour en jouer."

L'auteur

Après un BTS en tourisme, Cédric Chapuis devient animateur en club de vacances. En 2008, il participe au Festival d'Avignon et y est remarqué par Gérard Sibelle, directeur de la recherche et du développement et de la programmation du festival Juste pour rire.

Il joue comme comédien dans quelques spectacles. "Une vie sur mesure", présenté au Festival Off d'Avignon en juillet 2013, le fait connaître du grand public. C'est un grand succès et il est nommé au Molière du seul en scène 2016.

Il est également fondateur de la compagnie Scènes plurielles, qui a pour vocation d'aider à la création, à la promotion, et à la production de spectacles vivants sans limitation de genres.

Commentaires

Sylvie Ferrié
dim 03/12/2017 - 19:48

Je suis sortie bouleversée. Ce spectacle est tout ce que j'aime !
Quelque chose comme un moment qui change la vie ! Les rythmes battent au delà du raisonnable pour faire vibrer tous les coeurs. Au Tristan Bernard hier, un public hétéroclite Plutôt du coté des quinquas voir plus ... Mais standing ovation pour Axel Auriant-Blot ! Il faut y aller !

Michel
jeu 07/12/2023 - 11:11

Très bien interprété par Pierre Duchesne

Damien Brisou
ven 01/05/2026 - 14:58

J’enjoins l’équipe de ce théâtre à se rapprocher de l’auteur de cette œuvre. Il est urgent d’aligner le propos de ce récit avec la réalité des personnes autistes et concernées par la santé mentale, afin de cesser de la bafouer. On ne devrait jamais exploiter une telle condition pour en faire un simple ressort dramatique, ni sacrifier la dignité d’une minorité au profit d’un cynisme scénaristique. Voici le témoignage qui explique le sens de ma profonde indignation :
« J’ai vu une pièce qui m’a profondément heurté. Je me permettrai de spoiler cette histoire, car l’heure est trop grave. Il s’agit de la pièce « Une vie sur mesure », jouée au théâtre de beaux-arts à Bordeaux. L’œuvre dépeint le parcours d’un jeune homme autiste, présenté sous des traits marqués, presque caricaturaux, dont l’existence entière est absorbée par un intérêt spécifique et exclusif pour la batterie. Le public est invité à s’attacher à ce personnage atypique, touchant dans sa passion dévorante. Mais le problème, le véritable drame de cette création, réside dans sa chute. À la fin de la pièce, ce protagoniste assassine brutalement son père et se retrouve interné à vie en asile psychiatrique, sans même avoir conscience de son acte.
Ce dénouement, glaçant, m’a fait l’effet d’une trahison. Derrière l’habillage d’une œuvre d’art prétendument humaniste, cette pirouette narrative vient renforcer un préjugé d’une ténacité affligeante, particulièrement ancré dans notre société : celui qui associe systématiquement les troubles mentaux et neurodéveloppementaux à une ultraviolence dénuée de conscience. Il convient de rappeler avec la plus grande fermeté que ce stéréotype est non seulement faux, mais contredit par toutes les instances médicales et scientifiques. Les institutions de santé le martèlent sans relâche : les personnes souffrant de troubles psychiques sont infiniment plus souvent victimes de violences qu’elles n’en sont les auteurs.
Pour saisir la violence de ce raccourci scénaristique, transposons cette mécanique à un autre préjugé, reconnu par tous comme inacceptable.
Imaginez une pièce bouleversante relatant le dévouement absolu d’un instituteur homosexuel, bravant les obstacles pour la réussite de ses élèves en difficulté. Imaginez maintenant que, dans les dernières minutes, cet homme finisse par agresser l’un d’eux, validant ainsi les pires poncifs homophobes des années cinquante assimilant l’orientation sexuelle à la pédocriminalité. La société entière crierait au scandale et condamnerait cette fin avec la plus grande sévérité, à juste titre. Personne ne tolérerait qu’une minorité soit sacrifiée sur l’autel d’un ressort dramatique aussi abject pour susciter un choc à bon compte.
Pourtant, la stigmatisation de la psychiatrie et de l’autisme semble encore bénéficier d’une coupable indulgence sous couvert de tragédie ou de liberté artistique. Les mots et les représentations ont un poids. Banaliser l’idée du « fou dangereux qui s’ignore » a des conséquences réelles et dévastatrices : cela maintient la peur de l’autre, favorise l’isolement des patients, et freine cruellement l’accès aux soins par peur du regard social.
Aujourd’hui je me lève, indigné, humilié, profondément heurté par un préjugé non seulement grotesque mais dangereux pour toute personne souffrant de maladie psychique. Aujourd’hui j’ai le courage de me lever et de me battre et j’espère inspirer toute personne pouvant se sentir heurtée comme moi. »
Voilà deux sources pour vous convaincre de la réalité et la dangerosité de ces stéréotypes :
– Site de l’ARS: https://www.paca.ars.sante.fr/lutter-contre-la-stigmatisation-et-les-vi…
– Fondation fondamental: https://www.fondation-fondamental.org/les-maladies-mentales/idees-recue…

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