Jeune fille à l’ouvrage

Maîtrise des mots; délicatesse, profondeur et raffinement des sentiments
De
Yoko Ogawa
Editions Actes Sud - 219 pages
Notre recommandation
4/5

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Thème

"Jeune fille à l’ouvrage" est la première histoire d’une série de dix nouvelles brèves relatant des événements de la vie ordinaire  qui, par la magie de l'écriture de Yoko Ogawa, deviennent des contes: une mère en soins palliatifs; un centre d’hébergement; un concours de beauté pour petites filles; l’anniversaire d’une tante; un passage en bibliothèque etc... 

        Des moments si ordinaires en apparence, mais où l’on retrouve un monde secret de transmission et de confiance entre l’enfant et l’ancêtre.

Points forts

- Une jolie écriture, pleine de retenue et de poésie.

- Le raffinement du détail. 

- Pas de discours superflus, juste l’essentiel.

Quelques réserves

Un peu court, si il doit y en avoir un...

Encore un mot...

Un recueil de nouvelles ou chaque phrase raconte une histoire tout en images précises, ou chaque détails ajoute de la poésie et de la tendresse au récit.

Ces histoires simples deviennent alors des contes pour adultes ou chaque moment est traité avec légèreté, générosité et gourmandise.

Les générations s’acceptent et se respectent.

Est-ce le culte des ancêtres, si important au Japon, qui permet ce merveilleux rapprochement? 

J’ai aimé ce partage , la finesse et la pudeur avec laquelle certains événements durs de la vie sont regardés, avec délicatesse, en peu de mots.

Une phrase

Il s'agit plutôt d'un passage. Dans la nouvelle "Aria" , un jeune homme rend visite à sa tante, un fois par an, le jour de son anniversaire. Il neige:
"- C’est gentil de venir jusqu’à moi. Je suis si heureuse de te revoir.
En disant cela , ma tante m’a serré dans ses bras, profitant de ce qu’elle enlevait la neige sur mes épaules et mon pantalon, pour caresser mon corps. Ensuite, comme si elle s’amusait avec un enfant, ou comme un aveugle vérifiant si c’était bien moi qui me trouvais là, elle a enveloppé mon visage entre ses mains.
- Comme ta frimousse est froide! allez rentre vite .
Tous les ans c’est la même chose.
Dans la salle de séjour, le poêle fonctionnait,qui répandait une bonne chaleur. Une table ronde, deux chaises bois, vitrine, lampe électrique ,machine à coudre à pédalier. L’aspect de la pièce n’avait pas changé en un an. Elle n’était pas particulièrement bien rangée, mais pas en pagaille non plus. Des traces de vie y flottaient avec modération. Sur la vitrine étaient éparpillés publipostages, reçus et factures, sous la machine à coudre entassés des cartons de cosmétiques."

    Voilà tout l'univers en subtilité de Yoko Ogawa.

L'auteur

Auteur japonais, née à Okayama , diplômée de la prestigieuse université Waseda , Yoko Ogawa a remporté de nombreux prix au Japon , dont le Prix Akuragawa, pour « La Grossesse », en 1991.

Son univers obsédant et l'acuité de ses analyses donnent à son oeuvre une place importante dans la littérature japonaise contemporaine.

Son travail se compose d’une alternance romans-nouvelles.

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