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Sous le voile du cosmos

De Jacques Arnould
Editions Albin Michel

Lu / Vu par

Arnaud Joly
Publié le 16 fév . 2015

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Depuis le début du XVIIème siècle, nombre de scientifiques se sont confrontés aux questions métaphysiques, quelquefois au péril de leur vie, comme Copernic, Galilée et surtout Giordano Bruno. Newton, Leibniz et d’Alembert confortent, chacun à leur façon, l’existence d’un grand ordonnateur. C’est Laplace qui, le premier, « se passe de cette hypothèse », selon sa célèbre réplique à Napoléon.

Les XVIII et XIXèmes siècles constituent un exil pour la cosmologie comme science de l’origine et de l’évolution.

Si, depuis Einstein et la théorie de la relativité, tous les astronomes n’évoquent pas Dieu, nombre d’entre eux évoquent son existence pour la conforter ou la nier.

La conception corpusculaire de la lumière, la disparition d’un temps et d’une simultanéité universels remettent en cause l’unicité de l’Univers et la méthode réductionniste (« réduisant » la compréhension d’une réalité à la description des niveaux la constituant).

Principales questions posées aujourd'hui aux scientifiques, en rapport avec la croyance en Dieu:

-         L’ordre de l’Univers implique-t-il ou pas une explication en profondeur ?

-         Le Big bang, datant d’un peu moins de 14 milliards d’années, est-il le début de l’Univers, la preuve d’une création ?

-         L’impossibilité pour la physique actuelle de remonter au-delà du mur de Planck crée un horizon inaccessible, synonyme ou pas d’un au-delà de l’humain ?

-         L’évolution permanente de l’Univers comme un flux, son expansion ou sa contraction, sont-elles la manifestation de cycles successifs dénués d’anthropocentrisme, pourquoi pas en harmonie avec la pensée bouddhiste ?

En fin d’ouvrage, bien qu’ancien dominicain, Jacques Arnould nous montre son intérêt pour la religion cosmique du père jésuite Teilhard de Chardin : contempler la liturgie céleste, y accorder sa voix et son cœur pour accepter l’attraction du point Omega. Tout un programme…

Points forts

Un ton léger, une approche cultivée des rapports entre cosmologie et métaphysique. Un tour d’horizon facile à suivre.

On constate qu’au fur et à mesure que la cosmologie progresse, l’horizon de l’inconnu recule; ce qui constitue un mystère de plus et confirme l’impossibilité de franchir la frontière entre foi et connaissance, comme l’ont exprimé de nombreux scientifiques.

Points faibles

L'a-priori favorable à l’existence de Dieu est souvent là, mais on s’en doute en connaissant le parcours de l’auteur...

Les difficiles questions de la compatibilité de l’existence de Dieu avec l’évolution des espèces et l’existence du mal ne sont qu’effleurées.

En deux mots ...

Une question essentielle traitée avec une plume légère et vivante. Mais, à mon sens, la cosmologie ne nous aidera pas à répondre à la question de l’existence de Dieu. Elle nous permettra tout au plus de ne pas dire de bêtises.

L'auteur

Jacques Arnould, ingénieur agronome et théologien, entré dans les ordres à 25 ans, est depuis dix ans chargé de mission pour les questions éthiques au sein du CNES (le Centre National d'Etudes Spatiales), qui fête, comme lui, ses 50 ans cette année. Sa mission: apporter "matière à réflexion", comprendre "ce qui habite les gens", leur passion, parler avec les astronautes s'interrogeant sur leurs recherches.

Originaire de Metz, d'une famille ancrée dans le monde agricole, ce Lorrain s'est d'abord passionné pour les sciences de la nature auxquelles il a failli se consacrer, avant de choisir l'ordre des Dominicains. Il quitte la vie religieuse en 2013.

Au-delà de l'exploit technologique de la recherche spatiale, c'est "grâce au spatial" qu'on connaît mieux l'Univers, mais aussi la Terre, qui est de plus en plus "une planète à soigner".

Dès sa thèse, le théologien s'était aussi intéressé à Darwin et à la théorie de l'évolution, avant de publier plusieurs livres évoquant les "défis lancés aux chrétiens par la science".

Il dit n’être ni un suppôt du Vatican, ni un inconditionnel de Darwin.

Commentaires

Erik MATZ
Le 01 juin. 2015
à 17h17

- Bonjour M. ARNOULD :
Je viens de commencer de lire "sous le voile du cosmos" : je suis croyant "catholique-pratiquant" et (très) intêrressé par la cosmographie et par l'histoire de nos origines : j'en suis à la moitié (les années 1920 (environ et le "concile VATICAN II).
Erik MATZ
( letheilerik@wanadoo.fr)

Erik MATZ
Le 01 juin. 2015
à 17h24

Je suis "catholique pratiquant" ; et (passionné par l'Astrologie et la recherche de nos origines : ce livre "scientifique" (mais abordable !) offre 1 éclairage passonant (et INSTRUCTIF !) .
Erik MATZ

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