Livres/BD/Mangas

Un mauvais garçon

Sombres perspectives
De Deepti Kapoor
Editions du Seuil - 201 pages

Lu / Vu par

Hélène Kolsky
Publié le 19 jan . 2016

Recommandation

1,0BofBof

Thème

Sha, une jeune indienne de 20 ans, vit chez sa tante suite au décès de sa mère et au départ de son père à Singapour, laissant femme et enfant. Elle rêve de liberté alors que sa famille cherche à la marier par tous les moyens, sans succès. Un jour, après ses cours à l'université, elle décide de se rendre dans un café où elle fera la connaissance d'un homme plus âgé, pas très agréable à regarder mais assez sûr de lui et charismatique. A ses côtés elle va découvrir la ville de Delhi, la drogue, l'alcool et le sexe.

Points forts

- La découverte de Delhi, sous toutes ses coutures, et ses habitants, sous un angle différent, entre tradition et modernité.

- Le quotidien des femmes de ce pays, pliées aux traditions, aux mœurs, aux conventions sociales.

- La rébellion d'une jeune femme contre la tradition, les convenances et le statut de fille à marier.

- Cette double affirmation (qu'on peut discuter...): l’amour passionnel n’est qu’un leurre et la possibilité d’autre chose que la tradition, un mensonge.

Points faibles

- La romancière revendique la filiation à Marguerite Duras. Son style, sec et répétitif, fait effectivement penser à "L'amant". Mais pas le reste...

- L'héroïne du roman se cherche et emprunte des chemins sauvages pour trouver un sens à l'existence. Mais on sait dès le début du livre que l'amant est mort et que tout ce qui est raconté est composé de flashbacks, dans un savant désordre.

- A vrai dire, on essaie de deviner ce que veut vraiment exprimer Deepti Kapoor, mais sans trouver de réponse satisfaisante. Tout le roman ne semble qu'un paravent pour cacher des fêlures plus profondes. Mais Deepti Kapoor reste à la surface des choses, essentiellement descriptive et redondante.

- Le style de l'auteur que j'ai trouvé assez décousu; je n'ai pas été convaincue par l'alternance entre la première personne du singulier et la troisième ni par la construction un peu particulière du récit, oscillant entre passé et présent.

- L'accumulation de clichés sur l’Inde, son destin et ses paysages affaiblit la qualité du texte : « L’Inde, c’est l’avenir, l’Amérique, c’est fini »; ou encore: « je me couvre la tête avec mon dupatta que j’enroule autour de mon front, passe derrière mes oreilles et autour de mon cou afin qu’il encadre bien mon visage, et me voici métamorphosée en une pieuse persane aux yeux noirs ».

En deux mots ...

Une question, après la lecture de ce roman: n’y-a-t-il vraiment aucun espoir pour les femmes indiennes de se libérer un jour d'un patriarcat écrasant?

L'auteur

Deepti Kapoor a grandi en Inde du Nord. Elle s’est installée à New Delhi en 1997 pour y étudier le journalisme et la psychologie. Pendant une dizaine d’années, en tant que journaliste, elle a sillonné la ville et recueilli ses histoires. Elle vit maintenant à Goa. Un mauvais garçon est son premier roman.

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