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Portrait subtil d'une famille bouleversée
De
Joachim Trier
Avec
Gabriel Byrne, Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg
Notre recommandation
3/5

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Vu
par Culture-Tops

Thème

A l’occasion de la rétrospective d’une photographe reporter de guerre (Isabelle Huppert), morte dans un accident de la route, son mari (Gabriel Byrne) et ses deux grands enfants se retrouvent dans la maison familiale à New York; le cadet vit encore avec son père. C’est l’occasion d’évoquer le souvenir de la disparue et cela risque de rouvrir des plaies à peine cicatrisées, mais aussi de faire découvrir des secrets qui auraient dû rester dans l’ombre.

Points forts


- Le cinéaste a réussi, avec son scénariste Eskil Vogt, le portrait subtil d’une famille bouleversée par la mort de la mère. Le fils aîné (Jesse Eisenberg) semble s’en sortir sans trop de mal parce qu’il se consacre à un travail prestigieux, celui de professeur d’université, en dépit de son jeune âge. Le cadet lycéen (Devin Druid) est en révolte ouverte contre son père ; c’est l’âge, et sans doute une souffrance qui cherche à s’exprimer.
 
- Quant au père, il fait ce qu’il peut. Magnifique portrait que ce père moderne à l’écoute de ses enfants, ouvert, intelligent, attentif, disponible et pas susceptible pour deux sous face aux attaques sournoises du fils cadet. Le père a renoncé à son métier d’acteur  pour celui d’enseignant afin d’être plus proche de ses enfants dans le deuil qui les a frappé. Gabriel Byrne est épatant dans son rôle de père poule.
 
- Enfin, il y a la disparue (Isabelle Huppert) qui est assez présente par les flashbacks. Peu à peu les enfants et son mari la redécouvrent. Tous trois se rendent compte qu’elle n’était pas faite d’une seule pièce. Emouvant portrait d’une morte encore bien vivante et de vivants qui veulent continuer à vivre.
 
- Qu’on se rassure, rien de morbide ou de désespéré dans tout ça. Juste une famille qui s’expose sous nos yeux avec cet amour qui ne s’exprime pas mais qui fait le lien entre les trois, entre les quatre…

Quelques réserves

Peut-être que le portrait de la mère n’est pas assez fouillé, ce qui peut se comprendre, puisqu’elle est morte. On a pu reprocher aussi au cinéaste d’abuser des retours en arrière quitte à égarer le spectateur. C’est pourtant ce qui fait la richesse de son scénario.

Encore un mot...

Les disparus sont fragiles : ils ne sont plus là pour se défendre. On peut les faire revivre comme on veut et parfois comme ils ne voudraient pas. D’où la révélation qui est au cœur de l’intrigue et qu’on ne dévoilera pas mais qui change tout…

Une phrase

« C’est seulement grâce à votre talent de conteur que vous pouvez toucher le public. Cela n’a rien à voir avec le budget du film ou le nombre de camions dont vous disposez sur votre plateau. »

L'auteur

Né en 1974 à Copenhague, Joachim Trier est tombé dans le cinéma quand il était petit. Son grand-père était réalisateur et l’un de ses films fut sélectionné au Festival de Cannes en 1960. Joachim a tourné son premier film en 8 mm à l’âge de 5 ans, mais il n’est allé à Cannes qu’en 2011, à 35 ans, où son second long-métrage, « Oslo, 31 août », tourné au Danemark, qui a enchanté la critique sans que le grand public s’en émeuve plus que ça, était présenté dans une section parallèle. Son nouveau film, « Back home », tourné cette fois aux Etats-Unis, a accédé cette année à la sélection officielle cannoise.

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