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3/5

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  • 99 Moons de Jan Gassmann. Avec Valentina Di Pace, Dominik Fellmann, Danny Exnar… 

 À 28 ans, Bigna (Valentina Di Pace) contrôle tout dans sa vie, aussi bien dans son travail de sismologue que dans ses jeux érotiques où elle domine systématiquement ses partenaires. Frank (Dominik Fellmann) a 33 ans et travaille de nuit dans des clubs, enchaînant les relations sans lendemain. A priori, rien ne le destinait à rencontrer Bigna et encore moins à entamer une relation passionnée avec elle. C’était sans compter sur le pouvoir des 99 lunes, période pendant laquelle s’écrira leur folle idylle…

 99 Moons est un film assez cru. Ici, les nombreuses scènes de sexe sont filmées de manière assez réaliste, sans fioritures. Le réalisateur suisse Jan Gassmann parvient à montrer de manière intéressante la question du désir dans un couple. Servi par les interprétations sensorielles et habitées de Valentina Di Pace et Dominik Fellmann, le long-métrage de Jan Gassmann pâtit toutefois d’un scénario assez paresseux qui finit doucement mais sûrement par s’essouffler.

 Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Le cours de la vie de Frédéric Sojcher - Avec Agnès Jaoui, Jonathan Zaccaï, Géraldine Nakache…

Noémie, scénariste éminente (Agnès Jaoui), est un jour invitée à donner une masterclass sur la création artistique dans une école de cinéma toulousaine qui se trouve être dirigée par… son grand amour de jeunesse, Vincent, un quinqua tendre, émotif, mais assez renfermé (Jonathan Zaccaï, formidable de douloureuse retenue ). Évidemment, cette donnée va infléchir le ton et le contenu du cours de Noémie. De théorique, son cours va glisser vers la leçon de vie. Elle finira par avouer qu’on ne peut pas écrire de bon scénario si on n’est pas curieux et passionné, si on ne peut ancrer ses écrits dans son propre vécu. Présent discrètement dans l’amphi où se donne le cours, Vincent écoutera ce message qui s’adresse à tous, mais, il l’a compris, surtout à lui...

A la fois interrogation sur la création et réflexion sur la transmission, Le Cours de la vie - inspiré de l’ouvrage d’Alain Layrac, Atelier d’écriture. Cinquante conseils pour réussir son scénario sans rater sa vie - n’est ni vraiment un documentaire ni non plus vraiment un film de fiction : il emprunte tour à tour aux deux genres. Instructif et même divertissant, il n’évite pas pour autant par moments l’écueil du didactisme. Pour les tempéraments passionnés et les fondus de ciné.

Recommandation : 3 cœurs 

Dominique Poncet

 

  • La Révole nature, de la vigne au verre d'Aline Geller. Documentaire. 

 Jadis réservé à une petite caste d’initiés, le marché du vin nature tend à se démocratiser. Mode de consommation et de production respectueux de la nature et des hommes, il séduit de plus en plus de vignerons. Pour comprendre ce phénomène, la réalisatrice Aline Geller est partie à la rencontre de ceux qui participent aujourd’hui au succès du vin nature…

Pour ceux qui se posent des questions sur le vin nature, le documentaire d’Aline Geller est une véritable mine d’or. Riche de différents témoignages (néo-vignerons, restaurateurs…), La Révole nature, de la vigne au verre est un film intéressant mais qui aurait gagné à être moins conventionnel dans sa forme, qui rappelle un peu trop un reportage télévisé et non un vrai documentaire de cinéma.

 Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • War Pony de Riley Keough et Gina Gammel - Avec Jojo Bapteise Whiting, Ladainian Crazy Thunder…

C‘est un film sur le quotidien difficile de deux jeunes indiens américains de la tribu Oglala Lakota vivant dans la réserve de Pine Ridge dans le Dakota Sud. L’un, Matho, 12 ans, battu par son père, s’est réfugié chez une logeuse et passe le temps comme il le peut, pas toujours très honnêtement, avec sa bande de copains. L’autre, Bill, 23 ans, immature, fêtard, paumé et déjà père de deux enfants (de mères différentes) se lance sur un coup de tête dans l’élevage de chiens, dans l’espoir de faire fortune. Mais tous deux vont se heurter à la réalité impitoyable de leur tribu, minée par la pauvreté, l’alcool, la toxicomanie et la délinquance…

Réalisé par Gina Gammel et Riley Keough ( la petite fille d’Elvis Presley ), ce long métrage ( le premier pour les deux cinéastes ) dresse un constat implacable sur la terrible réalité sociale des communautés indiennes en Amérique. Écrit par deux scénaristes issus de cette tribu Oglata Dakota, War Pony est heureusement traversé par cet humour qui accompagne souvent le désespoir, ce qui lui donne de l’élégance et aussi une certaine fantaisie poétique. Récompensé par la Caméra d’or l’année dernière à Cannes, War Pony - interprété, remarquablement, par des comédiens non-professionnels - a également remporté, dans la foulée, le Prix du Jury à Deauville.  Attachant et édifiant.

Recommandation :  3 cœurs 

Dominique Poncet

 

  • LExorciste du Vatican de Julius Avery. Avec Russel Crowe, Franco Nero, Daniel Zovatto…

 Père Gabriele Amorth (Russel Crowe) est l’exorciste en chef du Vatican. Régulièrement appelé pour régler des cas mystérieux de personnes possédées, cet homme charismatique fait véritablement figure d’ovni au sein de l’institution. Sa vie bascule le jour où il doit enquêter sur un démon ayant pris possession du corps d’un jeune garçon, Henry (Peter DeSouza-Feighoney). À l’occasion de cette affaire, il découvrira une conspiration séculaire que le Vatican a toujours pris soin de cacher jusqu’à présent…

 Le Père Gabriel Amorth a véritablement existé. Cet exorciste en chef du Vatican a compilé un certain nombre d’archives au cours de ses années d’activité et le film de Julius Avery s’en inspire d’ailleurs. Si le début est plutôt intriguant et se laisse apprécier en raison de sa dimension ironique (le personnage principal, brillamment campé par Russel Crowe, est assez rock’n roll), ce n’est malheureusement pas le cas de la suite, sorte de déluge hystérique qui finit de manière assez grotesque. Un long-métrage à réserver essentiellement aux adeptes de cinéma d’horreur.

 Recommandation : 2 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Fairytale  d'Alexandre Sokourov- Film expérimental...

Dans un décor de traits d’encre noire qu’on croirait avoir surgi sous la plume d’un Dürer et qui pourrait évoquer  le purgatoire, Hitler, Staline, Mussolini, Churchill et quelques autres hommes politiques de cette envergure semblent attendre la permission d’entrer au paradis. Pour faire passer le temps, ils errent, comme des personnages de dessin animé, dans cet espace nébuleux, en se croisant parfois et en prononçant des discours assez amphigouriques, dont on ne comprend pas très bien, en plus, à qui ils s’adressent (à eux mêmes? Au monde?), renvoyant de ce fait, d’eux-mêmes, l’image assez pathétique des gens qui ont été déchus de leur pouvoir…

Après avoir disparu des écrans pendant sept ans, voici que réapparaît le réalisateur entre autres, de l’Arche Russe (qui avait sidéré la Croisette en 2003) et d’un Faust qui avait reçu un Lion d’Or à Venise en 2016. Le cinéaste russe revient avec ce film qu’il a intitulé Fairytale et qui n’a de « conte de fée » (la traduction française de ce mot anglais) que son titre, puisqu’ il nous entraine, en noir et blanc, dans une sorte de cauchemar. Bizarrement, ce film hypnotise par le culot de sa forme et la singularité légèrement dérangeante et pathétique  de son contenu. 

Recommandation : 2 cœurs

Dominique  Poncet

 

  • La Fille dAlbino Rodrigue de Christine Dory. Avec Galatea Bellugi, Émilie Dequenne, Romane Bohringer…

 Rosemay (Galatea Bellugi) a seize ans et vit en famille d’accueil auprès de Valérie (Romane Bohringer) et Sammy (Samir Guesmi). Sa famille biologique, elle ne la rejoint que pendant les vacances scolaires. Un jour, son père n’est pas là pour l’accueillir. Demandant des comptes à sa mère Marga (Émilie Dequenne), Rosemay ne reçoit que des réponses évasives. La jeune fille pressent que quelque chose d'anormal s’est passé et compte bien le découvrir…

Scénariste (notamment de Vif-Argent de Stéphane Batut), Christine Dory est également réalisatrice. Son dernier long-métrage en date, Les Inséparables, remonte à quinze ans. Une longue pause derrière la caméra qui aurait peut-être méritée de durer un peu plus longtemps tant La Fille dAlbino Rodrigue manque aussi bien d’enjeux cinématographiques que d’une solide direction d’acteurs. Épatante dans le récent Chien de la casse de Jean-Baptiste Durand, Galatea Bellugi semble ici totalement transparente. Un film que l’on oublie vite et c’est peut-être mieux comme ça.

Recommandation : 1 cœur

Antoine Le Fur

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