Thêatre-Spectacles

Tout va bien se passer

Force, vérité, sincérité: percutant
De Maïa Brami
Mise en scène : Coralie Emilion-Languille & Bruno Fougniès

Infos & réservation

Théâtre de La Reine Blanche
2 bis, passage Ruelle
75018 Paris
Tél. : 0140050696
http://www.reineblanche.com
ATTENTION dernière aujourd'hui 23 juin 2018

Lu / Vu par

Yolène Bahu
Publié le 23 juin . 2018

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

« Tout va bien se passer » est une adaptation théâtrale faite par Maia Brami de son propre texte, « La vie refusée », le monologue d'une femme en parcours de PMA (Procréation Médicalement Assistée ). Cette femme partage alors son désir profond d’enfant, sa solitude, les sacrifices qu’elle est prête à faire, la distance et la froideur de certains praticiens du milieu médical. Elle ira  jusqu’à frôler la mort pour donner la vie.

Points forts

1 Cette pièce est un magnifique porte voix du cri de douleur d’une femme, en colère, digne, forte et fragile à la fois, qui, comme beaucoup, donnerait tout pour pouvoir donner la vie.

2 La salle tout entière ne peut être qu’être profondément bouleversée par le texte poignant de Maïa Brami sur un sujet si intime et tabou, ainsi que par le jeu si fin et délicat de Coralie Emilion-Languille.

3 Cette pièce encourage à mener une véritable réflexion sur le manque, parfois, de prise en compte du désarroi de patients par les membres du corps médical, qui devant prendre de la distance, oublie, à l'occasion, l’humanité qu’il ont en eux et face à eux.

Points faibles

Je n’en vois pas

En deux mots ...

Maïa Brami a su avec élégance et force transformer une épreuve intime et immensément douloureuse en une œuvre poignante, qui aidera sans nul doute à libérer la paroles de nombreuses patientes, mais avant tout de femmes, et de couple, en souffrance.

Un extrait

«  Voilà comment ça commence :
Je suis jambes écartées dans les étriers. Que reste-t-il de soi les jambes écartées dans des étriers sous la lumière crue ?
Que reste-t-il d’une femme ?
Je suis loin, au dessus de moi, je suis bien là, mais loin au dessus de moi, je veille. Mais une partie de moi est en veille.
Mes cuisses tremblent.
Depuis vingt jours, un jour sur trois, je dois pointer à 7 heures à l’hôpital, en banlieue, pour faire des analyses de sang et une échographie.
Ces matins-là, je regarde le ciel et le remercie presque d’être bleu, d’être jour déjà si tôt. »

L'auteur

Maïa Brami est écrivain, journaliste, photographe. Elle dirige des ateliers d’écriture tous publics, notamment au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Les thèmes de prédilection de son œuvre sont la jeunesse, la femme, corps et âme, et son regard d’artiste sur l’art et les artistes.

Son premier roman, « Vis ta vie Nina », a été couronné en 2002 du Prix Chronos. Suivra plus d’une douzaine de titres en édition jeunesse, traduits en plusieurs langues.

La Féminité et la maternité sont aussi des thèmes régulièrement abordés dans des œuvres aux formes diverses : le recueil de poèmes « Pour qu’il advienne », le témoignage « La vie refusée », le roman « L’inhabitée », la biographie romancée « Paula Becker la peinture faite femme », comme l’anthologie « Dans le ventre des femmes ».

Avec « Tout va bien se passer », Maïa Brami aborde la forme théâtrale, enrichissant ainsi encore la palette d'expression de son œuvre, qui se veut et se révèle forte, percutante, et sensible.

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