Le Jeu de l'Amour et du Hasard

De
Marivaux
Mise en scène
Philippe Calvario
Avec
Anne Bouvier, Jérémie Bédrune, Philippe Calvario, Nicolas Chupin, Eric Guého, Marie-Pierre Nouveau
Notre recommandation
2/5

Infos & réservation

Théâtre La Pépinière
7, rue Louis le Grand
75002
PAris
01 42 61 44 16
Du mardi au samedi à 21h; en matinée le samedi à 16h.

Thème

On connaît l’histoire, celle d’une double mystification: Sylvia, fille d’Orgon, refuse d’épouser Dorante, qu’elle ne connait point et que son père veut lui présenter. Elle décide donc, avec l’appui de sa fidèle Lisette, de se travestir en servante et de transformer Lisette en Sylvia… afin de pouvoir mieux tester le cœur de l’homme qu’on lui destine. C’est sans compter que Dorante, qui vit la même inquiétude qu’elle, va avoir exactement la même idée! Il se transforme en valet, appelé Bourguignon, pendant que son valet Arlequin va prendre son habit de Dorante ! Que pensez-vous qu’il advint ? Evidemment, le pot aux roses finira bien par être découvert, après toutes sortes de marivaudages, et les sentiments finiront par rentrer dans l’ordre… Et l’amour aura gagné !

Points forts

1 Très joli début, dans un décor chaleureux et esthétique des années 60/70, où Lisette traverse toute la scène avec un grand voile de mariée. Les éclairages chauds sont très réussis. En sourdine, une musique de Gainsbourg accompagne cette mise en situation. 2 Les couples fonctionnent bien, mais je trouve que la palme revient à Dorante qui est particulièrement crédible dans son rôle d’amoureux transis, soucieux, inquiet, de cet amour fou qu’il porte à une servante. Sylvia, elle aussi, est bien à sa place, fine, digne et maîtresse de son désir et de son sort. 3 On ne peut s’empêcher d’apprécier l’écriture, le langage amoureux, ressort de la comédie de Marivaux, et de rire de l’outrance des situations…

Quelques réserves

1 Je trouve dommage qu’on ait fait de Lisette une vraie cruche. En fait, elle est beaucoup plus fine et espiègle que ce que cette interprétation nous livre, et la pièce aurait gagné à une étude plus approfondie de certains personnages ! 2 Quant à Arlequin, il n’est pas obligé d’être à ce point « vulgaire ». Cela décrédibilise l’hypothèse d’une rencontre possible entre ces deux êtres de conditions sociales si différentes… 3 Il n’était pas obligatoire non plus, à mon sens, d'accompagner quelques scènes " un peu vulgaires" de cet air de Gainsbourg, « Je vais en je viens, entre tes reins »: c'est amusant au début mais peut-être un peu lourd à la répétition; cela n’apporte rien au propos…

Encore un mot...

Il est intéressant de constater, à nouveau, à quel point Marivaux se sert de la comédie, du quiproquo, pour dénoncer, au 18° siècle donc, la subordination des femmes à la gent masculine. A travers cette satire sociale, cette pièce n’est pas qu’une comédie: elle a un fond politique, de dénonciation des injustices de l’époque. Intéressant aussi, dans le même ordre d’idée, le fait d’intervertir les valets et leurs maîtres…On voit d’ailleurs que ça ne fonctionne pas et que chacun finalement retrouve sa place… Malheureusement le parti-pris caricatural de cette mise en scène est assez décevant… Un peu plus de finesse n’aurait pas nuit !

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Marivaux mérite plus de finesse dans la mise en scène.

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