Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Bénard : De facto
« De facto », « de fait », s’oppose à « de jure », « de droit ».
Personne ne nous oblige à employer le latin.
Dans la querelle du jansénisme, les plus savantes gens n’avaient pas honte de distinguer, au sujet des fameuses « propositions », entre « le droit » et « le fait ».
Si les mots latins vous semblent prêter de la dignité à votre langage et de l’autorité à vos affirmations, va pour « de facto ».
Mais dites-le alors à la manière classique dont on parle latin, prononcez « dé facto ».
A notre époque où les langues anciennes désertent l’enseignement, le latin est de bon ton.
Les médecins de Molière compensaient par beaucoup de latin leur peu de science.
Le Sganarelle du Médecin malgré lui éblouit à bon compte Jacqueline et Lucas avec un délirant « Ossabundus, nequeis, nequer, potarinum, quipsa milus ». Et de conclure là-dessus, s’adressant au père de Lucinde, que « voilà ce qui fait que votre fille est muette » !
J’ai déjà fait observer l’usage bizarre d’ « a minima ».
Il y a longtemps qu’ « et cetera » est devenu « exetera ».
Pourquoi ne pas dire « et le reste » ?
Dessin de Xavier Broxolle