Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Bénard : la valse des compléments
Aux Peignes, après Moutils, je passe de la Seine-et-Marne dans la Marne. Au Metz, avant Foussolles, je rentre en Seine-et-Marne. Dans les Prés de Nuit, après Baleine, je retrouve la Marne.
Ces confins sont assez connus pour que je me dispense d’entrer dans les détails de la topographie. Tout le monde a parcouru, je pense, les bords charmants du Grand Morin entre Esternay et La Ferté-Gaucher.
Au reste, cela n’a pas d’importance. Et il est permis d’ignorer où campaient, au matin du 7 septembre 1914, les 3e et 18e corps de la 5e armée de Franchet d’Espérey.
Mon objet est ailleurs.
J’entre dans la Marne, je lis : « Département de la Marne ». Je n’approuve ni ne réprouve. Ce sont quatre mots français unis à la française.
Mais revoici la Seine-et-Marne, ou, comme on disait autrefois, « Seine-et-Marne », sans l’article.
Ici, le même panneau déclare : « Seine-et-Marne le département ».
Seine-et-Marne, pays jeune, département bébé ?
Tout bisquant, maronnant, maugréant, marmonnant, j’ai repris le chemin de la ville de Provins…
Pardon ! De « Provins la ville ».
Dessin de Xavier Broxolle.