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Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Bénard : les un an

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Il paraît qu’il vient de fêter « ses un an » de présidence.

C’est étonnant, tout de même, cette manière de faire du pluriel avec un singulier.

Je sais bien qu’il est fier d’avoir, en une seule année, accompli ce que d’autres exécutent en dix ans (au moins).

Mais tout de même, « les un an », c’est un peu fort de café.

Ce qui n’est pas moins invraisemblable, et qui me laisse rêveur, c’est que personne ne semble s’en apercevoir.

Que personne ne songe à dire ou écrire « sa première année ».

« Son an » serait bizarre, mais vaudrait mieux tout de même que cette forme déconcertante.

En faisant « un » pluriel, comme « les uns et les autres », ne devrait-on pas mettre un s à « un », un s à « an » ?

Allons donc jusqu’au bout de l’audace grammaticale. 

Toute raison oubliée et toute honte bue, écrivons hardiment « les uns ans ».

Et, à l’oral, faisons les deux liaisons, ce qui sera encore plus drôle.

Ce pluriel est décidément très singulier.

Dessin de Xavier Broxolle.