Juste un mot, le billet d’humeur de Pierre Bénard : Ne dites jamais « dire » !
Le verbe « dire » a mauvaise presse dans les écoles de journalisme.
On le condamne comme plat, banal, faible, terne. On proscrit pour le même motif « affirmer », « assurer », « déclarer », « faire savoir ».
On ne saurait écrire, avec de telles fadaises, un bon « papier », propre à attacher l’attention du lecteur pressé. Or tout est là, comme vous savez.
Pour se passer de « dire », on a d’étranges ruses.
« Marteler » est la plus courante… et si courante que ce mot fort est devenu aussi invisible que « dire ».
Car on l’emploie à tout bout de champ, en incise la plupart du temps et bien souvent hors de propos.
« Marteler » suppose une insistance, une vigueur que l’on conçoit difficilement en lisant par exemple : « Les travaux d’élagage commenceront cette semaine, martèle l’adjoint au maire ».
Mais il y a d’autres expédients.
« Confier » en est un. « Les fondations de cette chapelle remontent au Ve siècle, confie M. X, l’érudit local bien connu. »
D’une pareille confidence, les lecteurs du journal se sentiront flattés.
Dessin de Xavier Broxolle.