VGE- 1926-2020 Le visionnaire

Les racines du personnage et la philosophie de son action politique
De
Louis Giscard d’Estaing
Eyrolles
Préface d'Emmanuel Macron
Parution le 21 mai 2026
334 pages
32 €
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Comme Ravel composa le Tombeau de Couperin, Louis Giscard d’Estaing, fils du Président de la République, organise un hommage à son père et à son action, en rassemblant, dans un ouvrage collectif, 53 contributions de nature à célébrer le grand homme et son action politique. Valéry Giscard d’Estaing fut le président de la République française de 1974, après la mort prématurée de Georges Pompidou, jusqu’en mai 1981, date à laquelle il fut remplacé par Mitterrand, après avoir perdu l’élection présidentielle.

Mort pendant le Covid et enterré dans la plus stricte intimité, c’est le centenaire de sa naissance, en 1926, qui est l’occasion de rappeler qui il fut et ce qu’il accomplit. Il ne faut pas attendre dans cet ouvrage de critiques négatives, puisque ces 53 monographies ont été rédigées par des anciens collaborateurs, des membres de la Fondation VGE, en somme des gens qui lui veulent du bien. En outre l’ouvrage est illustré de nombreuses photographies qui en rendent la lecture plus aisée et agréable.

Points forts

Une certaine nostalgie émane de ce livre d’hommages, celle d’une France, encore forte et respectée, dont les points de vue et les initiatives comptaient encore dans le monde. C’est VGE qui fut ainsi à l’origine du G7 ou du sommet européen des chefs d’État. Les contributions couvrent une large part de l’action publique du Président Giscard d’Estaing, dans le domaine économique, social et surtout “sociétal“, puisqu’il fut à l’origine de bien des avancées qui paraissent aujourd’hui aller de soi. La loi sur l’avortement, la majorité abaissée à 18 ans, la promotion du rôle des femmes… doivent leur avènement à VGE, conservateur libéral qui avait à coeur de conduire un changement effectif dans les moeurs des Français.

Mais avant d’être élu à la magistrature suprême, VGE fut un ministre des Finances du général de Gaulle pendant quatre années pendant lesquelles la France bénéficia d’une croissance exceptionnelle, de finances publiques assainies et d’une inflation contrôlée. Certes les mesures proposées par Jacques Rueff et mises en pratique par le Gouvernement du Général de Gaulle ont été essentielles, mais le livre montre bien le rôle capital joué sur ce point par VGE.

Son souci de la démocratie, clé d’une vie politique apaisée, est également bien décrit, comme son souhait de rendre un rôle plus important au Parlement qui se matérialisa dans une réforme de la Constitution. Le portrait de VGE en académicien, dû à la plume malicieuse de Dominique Bona, montre un aspect plus intime et moins connu du personnage.

Enfin les textes qui décrivent sa filiation, sa jeunesse, ses exploits militaires qui lui valurent la croix de guerre, décoration qu’il vénérait entre toutes, sont bien utiles pour comprendre les racines du personnage et la philosophie de son action politique.

Quelques réserves

La très grande diversité des contributions et de leur qualité est parfois un frein à l’enthousiasme du lecteur. Autant certaines d’entre elles sont agréables à lire et constituent des synthèses remarquables de l’action de VGE dans un domaine particulier, comme la justice ou l’industrie, d’autres nécessitent un effort intellectuel pour en saisir la substantifique moelle.

Enfin l’ouvrage aurait mérité une relecture un peu plus attentive: des textes s’achèvent ou commencent de façon abrupte. Faut-il rappeler à M. Lamassoure que la dévaluation post-mai 1968 est intervenue en 1969, à M. Geneste de bien vouloir rendre son prénom à Mme Canavaggio et au général Puga que, malgré les polémiques, l’opération de Kolwezi fut brillamment conduite par le colonel Erulin.

Encore un mot...

Un livre d’hommage à un homme qui fut certainement un grand président, courageux et habile, qui laissa une France forte et respectée dans le monde, des finances publiques équilibrées, des bases de croissance assainies, malgré une conjoncture très difficile. Il ne saurait être question ici d’apprécier chaque contribution, ni de faire droit à la critique. C’est un ouvrage hagiographique, conçu comme tel et qui doit être compris ainsi.

Une phrase

(sur les rapports de VGE avec le général de Gaulle):

« L’option de rigueur budgétaire et de libéralisation économique adoptée par la France est, dans l’esprit de ses deux promoteurs, tout à fait siamoise d’une grande conception de l’ordre international à réformer. Toutes deux procèdent d’une même intelligence de l’évolution générale qui, sous forme encore rampante de mondialisation, impose une translation graduellement universelle de l’autorité depuis le fantasme de toute-puissance des nations vers le magistère de règles harmonisant le dedans et le dehors. On en est à cette date encore très loin, et de Gaulle peut toujours passer pour un parangon de politique souverain, pourtant cette orientation visionnaire à très long terme sous-tend l’impulsion dont il confie à Giscard le réglage inchoatif. Ensemble ils voient haut et loin. » P 96.

L'auteur

Ils sont 53, tous liés de près ou de loin à VGE et à son souvenir. Le maître d’oeuvre est le fils de VGE, Louis Giscard d’Estaing, député du Puy de Dôme, comme son père, son grand-père et son arrière grand-père.

Ajouter un commentaire

Votre adresse email est uniquement visible par Culture-Tops pour vous répondre en privé si vous le souhaitez.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Ils viennent de sortir