Expositions

L'Enfer selon Rodin

Découverte passionnante et émouvante de l'obsession de toute une vie

Infos & réservation

Musée Rodin
77 rue de Varenne
75007 Paris
Tél. : 0144186110
http://www.musee-rodin.fr
Du mardi au dimanche de 10h à 17h45

Lu / Vu par

Pascal Duthuit
Publié le 03 nov . 2016

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

L'exposition nous invite à revivre la création d'un icône de l'art: La Porte de l'Enfer. 

Plus de 170 sculptures et dessins vont nous plonger dans l'histoire fascinante de ce chef-d’œuvre de Rodin qui occupe une place prépondérante dans son œuvre.

Au départ de ce projet, en 1880, une commande discrète d'Etat pour le projet de façade d'un musée des Arts Décoratifs, la Porte de l'Enfer va devenir l’œuvre centrale de toute la carrière de Rodin.

La Porte de l'Enfer est le creuset où l'artiste mêle des centaines de figures et de groupes de damné(s) qui vont devenir la matière première d'une très large part de sa création jusqu'à sa mort. 

Le Musée Rodin nous plonge à travers son parcours dans la genèse de cette porte mystérieuse et de sa double inspiration littéraire, empruntée à l'univers de Dante et Baudelaire.

Points forts

Avec cette porte monumentale qui ne s'ouvre pas, Rodin nous offre une vision spectaculaire des Enfers mais nous allons comprendre le long cheminement où l'artiste a été puisé son inspiration.

Le parcours chronologique de l'exposition commence par une recherche autour des thèmes de la Divine Comédie de Dante, sujet imposé par la commande initiale du ministre Jules Ferry.

L'Enfer fascine Rodin comme beaucoup d'artistes et à travers de nombreux dessins et modelages exposés il va commencer à faire émerger les grandes figures de la Porte de l'Enfer: Le Penseur, le Baiser et Ugolin.

On découvre alors que ces icônes mondialement connues de l’œuvre de Rodin sont tout droits sortis de son travail autour de cette commande et vont participer grandement à sa postérité.

Rodin, tout au long des années de la composition de cette porte, est revenu inlassablement sur son œuvre comme un peintre sur son tableau et ceci pendant près de 10 ans.

Au milieu des années 1880, Rodin puise une nouvelle inspiration dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire qui va ajouter de la sensualité autour des thèmes de l'amour fatal et de la tentation au substrat Dantesque de sa première composition de la Porte de l'Enfer.

On découvre que l'éditeur Paul Gallimard  avait chargé Rodin en 1888 d'illustrer son exemplaire de l'édition originale des Fleurs du Mal par des dessins qui la plupart sont réalisés en prenant pour modèle une figure ou un groupe dessiné ou sculpté pour la Porte de l'Enfer.

Une partie de l'exposition est dédiée au cadre architectural qui structure la Porte et doit intégrer les figures et les groupes créés au fil des années et on comprend la quête sans fin qui anime Rodin dans cette recherche de structure et des moulures idéales pour cette porte, à travers ses voyages dans diverses régions de France et sa fascination pour les monuments du passé.

De cette commande reçue en 1880, Rodin va faire évoluer des formes vivantes, en dehors de la Porte, comme des évadés de l'Enfer Dantesque. Ces versions, ces assemblages de figures et ces fragments sont présentés dans la dernière partie de l'exposition, un incroyable condensé des recherches stylistiques de l’œuvre de Rodin.

Enfin on aborde la question finale de l'état incomplet de la Porte comme œuvre. En effet, le projet du musée des Arts Décoratifs n'ayant jamais vu le jour, Rodin avait repris sa liberté par rapport à la commande d'Etat.

L'œuvre maîtresse de Rodin au caractère multiple est curieusement exposée en 1900, en marge de l'Exposition universelle, dans une 1ère version en plâtre dépourvue des figures et des groupes visibles au musée Rodin de Meudon , pour enfin être "recomplétée" dans sa version définitive tout à la fin de la vie de Rodin, et avec l'accord de ce dernier.

Le parcours de cette exposition nous permet alors de goûter pleinement l'émotion de la découverte ou de la "redécouverte" de la Porte de l'Enfer, installée dans le jardin du musée, une des 4 premières versions fondues en bronze à partir de 1926.

Points faibles

L'exposition peut paraitre très didactique au premier abord mais finalement n'est ce pas l'approche initiale indispensable pour découvrir la richesse et la complexité d'une œuvre, au delà de l'émotion qu'elle nous procure?

En deux mots ...

Fort de tout ce parcours initiatique de la création d'une œuvre iconique de Rodin, notre regard sur cette Porte monumentale et tous ses mystères est alors totalement transfiguré. L'Exposition a donc réussi son pari...

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