Expositions

Le Modèle Noir

De la méconnaissance à la reconnaissance: la décolonisation des arts

Infos & réservation

Musée d'Orsay
1, rue de la Légion d'Honneur
75007 Paris
http://www.musee-orsay.fr
Jusqu'au 21 juillet 2019 Niveau 0 – Grand espace d’exposition Tous les jours, sauf le lundi, de 9h30 à 18h, le jeudi jusqu'à 21h45.

Lu / Vu par

Pascal Duthuit
Publié le 11 avr . 2019

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

« Le Modèle noir », au Musée d’Orsay: c'est une exposition historique au sein d’un grand musée national, retraçant la représentation des sujets noirs, à travers plus de 300 œuvres dans tous les arts visuels, de la Révolution française aux années cinquante.

Points forts

«  Le Modèle noir, de Géricault à Matisse » nous propose d’explorer l’identité noire de l’abolition de l’esclavage jusqu'au milieu du XXème siècle en passant aussi bien par Alexandre Dumas que Joséphine Baker et le clown Chocolat.

Cette exposition,  unique à ce jour, a adopté une approche très intéressante, multidisciplinaire, entre histoire de l’art, histoire des idées et anthropologie, pour traiter de l’identité noire à travers le « modèle ».

 Le défi est ambitieux et cette exposition aborde à travers de multiples prismes : peintures, photographies, sculptures, affiches, documents divers, « la représentation des Noirs » dans un enjeu éducatif et culturel évident, en particulier à destination d’un public jeune; mais il n’est jamais trop tard pour des adultes....

Le regard d'artistes comme Géricault, Delacroix, Cordier, Carpeaux, Manet, Gauguin, Matisse , Nadar plus tard, politiquement engagés, nous donne une vision de leur modèle qui nourrit la question politique, sociale et culturelle de leur époque.

L’OLYMPIA de Manet, nous connaissons tous ce tableau mythique de cette belle alanguie, Victorine Meurent, mais c’est l’interrogation sur la place de la servante noire dans le tableau qui fit scandale en 1865, et qui va être la genèse de cette exposition, en rapprochant Denise Murrell, afro-américaine, chercheuse de la Fondation Ford, et Laurence des Cars, présidente du musée d’Orsay.

Denise Murrell a consacré une thèse au regard de Manet sur son modèle noir totalement inconnu, jusqu’à retrouver son prénom, Laure ou Laura.

Changer les titres des œuvres, héritage d’une histoire: à partir du magnifique tableau de Marie-Guillemine Benoist, le musée d’Orsay a indiqué, pour marquer l’évolution du regard,  les changements successifs de titre: « Portrait d’une négresse » au Salon de 1800, puis portrait d’une femme noire et enfin aujourd’hui « Portrait de Madeleine », presqu’une forme de « décolonisation  » des arts.

Points faibles

Il s’agit d’une première exposition, très originale, qui ne peut pas traiter un sujet aussi complexe de manière définitive.

Cette première lecture nous ouvre néanmoins de nouveaux chemins de réflexion sur l’art,  miroir de l’histoire des idées et des représentations.

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