Opéra-Ballets-Musique

La Bayadere

Le Prince de la danse, pour toujours
De Rudolf Noureev

Infos & réservation

Opéra national de Paris
Place de la Bastille
75011 Paris
Tél. : 0892899090
http://www.operadeparis.fr
Jusqu'au 31 décembre

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 10 déc . 2015

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

L’amour. Mais l‘amour impossible. Celui dont on sait qu’il va se conclure par un drame. Ici, dans une Inde des mille et une nuits, il s’agit de celui, très pur, très exclusif, qui lie Nikiya, une danseuse sacrée (une bayadère) et Solor, un valeureux et noble guerrier. Mais  Solor est promis, sans aucune possibilité de se soustraire, à Gamzatti, la fille du Rajah. Après moultes péripéties, Nikiya mourra de la  morsure d’un serpent dissimulé intentionnellement dans une corbeille, en refusant le contrepoison du grand Brahmane qui voulait la faire sienne… Solor, inconsolable, se réfugiera  dans les songes que lui procure l‘opium…

Points forts

Depuis sa création, en 1992, avec dans le rôle titre la somptueuse Isabelle Guérin, cette « Bayadère » version Noureev a été souvent  remise à l ‘affiche. Mais on ne s’en lasse pas, pour  plusieurs raisons  :

 - Sur le plan de la danse, c’est un concentré de l‘art de Noureev. Mis à part le positionnement des bras et des doigts  qui évoque la gestuelle indoue, le grand Rudolf a écrit ici une chorégraphie  d’un classicisme très spectaculaire. Beauté et élégance des mouvements, difficulté diabolique d’exécution… Il n ‘a pas voulu  faciliter la tâche à ses interprètes. Mais pour eux, quelle opportunité de montrer leur savoir faire…  Cela vaut non seulement pour les solistes  mais aussi pour les danseurs du corps de Ballet. Noureev, qui a dirigé le Ballet de l’Opéra de Paris, avait à cœur de prouver que cette troupe était l‘une des meilleures du monde.

 - Sur le plan de la production pure, cette « Bayadère » est d’un faste qui n’ en finit pas d’éblouir. Tout  y est d ‘un raffinement inouï!  Les couleurs des costumes – signés Franca Squaciapino,- sont somptueuses, qui déclinent, sur de multiples étoffes, tous les tons du mordoré. Pour leur part, les décors, monumentaux, imaginés par Ezio  Frigério, ne cessent de se succéder, qui évoquent tour à tour, temples et salles de palais. Pour que l’illusion de l’Orient soit parfaite, surgit même, à l’acte II, en majesté, un éléphant bleu, forcément gigantesque.

 - Sur le plan musical,  c ‘est parfait aussi. Non seulement l’oreille est comblée - grâce à la direction précise de Fayçal Karoul - mais à aucun moment  la partition  signée Ludwig Minkus ne donne l’impression de  pouvoir mettre les danseurs en danger. Cette œuvre à été composée pour accompagner une chorégraphie. Et cela s’entend…

 - Sur le plan de l ‘exécution enfin...Le soir où nous avons vu ce spectacle, avec dans les trois rôles principaux Amandine Albisson, Valentine Colasante et Josua Hoffalt, à part deux ou trois imperceptibles hésitations, la représentation a été parfaite, soutenue par un corps de ballet impeccable, surtout dans le tableau si redouté de l ‘acte III, celui des Songes.

Points faibles

A priori, aucun. Mais, on le sait les représentations se suivent et ne se ressemblent pas... Nul n‘est à l ‘abri d’un faux pas. Pas même une étoile…

En deux mots ...

Un ballet munificent, féérique, qui devrait ravir les balletomanes les plus exigeants et assouvir le désir d‘évasion des grands rêveurs. Un ballet dont le dernier acte, tout en blanc, permet, aussi d’admirer l‘excellence de la troupe. 

Idéal donc pour cette fin d’année.

L'auteur

Vingt-deux ans après sa disparition – le 6 janvier 1993 à Levallois-Perret, à l’âge de cinquante quatre ans - Rudolf Noureev reste l’un des danseurs et chorégraphes les plus mythiques du XXème siècle. Au départ, pourtant, ce prodige sans égal n‘avait à priori rien pour devenir une star adulée dans le monde entier. Né à bord du Transsibérien, le 17 mars 1938, près d’Irkoutsk, dans une famille pauvre d’origine arabe, il passa une  petite enfance miséreuse à Oufa, sous la férule d’un père peu porté sur les arts.

 C‘est un soir de réveillon que son destin va basculer. Le 31 décembre 1945, il assiste par hasard à un spectacle de ballet. Il a sept ans. Il est ébloui. Il décide de devenir danseur et rien ne l ‘arrêtera : ni le manque d’argent, ni les foudres paternelles, ni les moqueries de ses camarades.A 17 ans, il se fait engager au Kirov. A 23, il profite d’une tournée pour demander l‘asile politique à La France. Dès lors, Il ne quittera plus le haut des affiches internationales et fera la carrière de danseur étoile que l’on sait. Une carrière bâtie sur une extraordinaire ténacité, un caractère rebelle, un goût immodéré de la liberté, une soif  d’apprendre inextinguible, un perfectionnisme obsessionnel et …un charisme hors du commun.

Parallèlement, il signera une quinzaine de chorégraphies, dont cette « Bayadère »,  réécrite en 1992 à partir de celle créée en 1877 par Marius Petipa,  et qui sera son œuvre ultime.

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