Lady W
Parution le 20 août 2026
204 pages
20 euros
Infos & réservation
Thème
« Quatre personnages en quête d’auteur(e) ».
Un auteur, une animatrice télé, un étudiant passionné de littérature, une femme bibliothécaire vont se retrouver embarqués dans un périple bousculant afin de retrouver la mystérieuse Lady W qui sévit sur un blog très suivi. Qui est cette femme qui entraîne ses lecteurs dans son monde virtuel, ou pas ? L’histoire commence en 2005 et se termine en 2025. Nous sommes au début de la mutation des liens sociaux caractérisée par les blogs et le début des portables. De quoi approcher l’évolution et l’appartenance de chacun à ces nouveaux outils.
Points forts
L’art de lier tant les doutes et les personnalités de chacun pour nous amener à la fin à nous dire ce que deviennent personnellement chaque personnage à partir de la recherche pourtant commune de Lady W.
Une intrigue bien menée comme un parcours initiatique sur le soi et le rapport au social.
La capacité à nous mettre ou remettre dans cette ère nouvelle qu’a été le début des réseaux sociaux.
Le nombre de thèmes approchés : difficultés d’écrire, difficultés du quotidien dans le couple, difficultés de l’après-divorce, difficultés d’un jeune épris de littérature, difficultés de s’y retrouver au milieu d’une nouvelle ère qui s’annonce mystérieuse et fascinante.
L’humour et l’humilité qui parcourent ce roman.
Quelques réserves
- Ce roman pourrait manquer parfois de profondeur au sens de phrases plus fortes mais c’est tout son charme en même temps. Et Jean-Philippe Blondel ne prétend à rien sauf peut-être à apporter un regard plein d’un quotidien rempli d’humains qui se cherchent au fur et à mesure de leur marche en avant.
Encore un mot...
Entre roman classique et énigme presque policière, on a l’impression de faire une promenade plutôt à pied qui nous obligerait à prendre des décisions en ce qui concerne les croisements à considérer pour ne pas se tromper.
Le personnage de Lady W est à l’image d’un blog : plein d’informations dont on ne peut savoir s’il faut les croire ou pas. D’où la quête d’aller la rencontrer.
Une phrase
… Elle s’était montrée froide et maladroite, à la limite de la rudesse, et Fabrice Cami s’était rétracté, comme un nageur occasionnel tâtant l’eau du doigt de pied et réalisant qu’elle est glacée.
La réalité virtuelle. Ces gens qui tenaient des blogs où ils étalaient leur bonheur et décrivaient par le menu leur existence ordinaire. Ils étaient tombés d’accord pour reconnaître que ce qui était agaçant, avant tout, c’était que cela renvoyait à sa solitude ou à sa souffrance et qu’on était conscient que le mieux c’était d’arrêter de lire ces billets autocentrés…
Il se demande quand tout cela commence, le bal de l’hypocrisie entre les géniteurs et leurs rejetons, ce qu’on déforme, pour ne pas inquiéter l’autre partie, ou pour éviter les reproches.
L'auteur
Jean-Philippe Blondel a déjà beaucoup écrit : Juke-Box (Robert Laffont, 2004), À contretemps (Robert Laffont, 2009), Un hiver à Paris (Buchet-Chastel, 2024)….
Il fait partie de ces auteurs qu’un public fidèle suit depuis longtemps (j’en suis) sans toutefois être ce qu’on appelle une tête de gondole. Une petite musique plutôt qui s’installe au fur et à mesure qu’on le lit. À l’image peut-être de ses personnages, sans prétention grandiloquente, avec permanence et nécessité Jean-Philippe Blondel sait nous embarquer par ce qu’il aime : écrire.
J’ajoute qu’il est professeur d’anglais et navigue dans ses mondes depuis bientôt à peine une éternité.
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