Les enfants de plomb

Une histoire vraie sur un scandale sanitaire longtemps minimisé en Pologne
Mini-Série TV polonaise, Netflix
Une saison de 6 épisodes, février 2026
Episodes : environ 50 mn à 1 heure
Réalisation Maciej Pieprzyca
Avec
Joanna Kulig, Agata Kulesza, Kinga Preis, Michal Zurawski
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

Jolanta Wadowska-Król, jeune pédiatre, s’installe dans la région de Katowice en Pologne, avec mari et enfants. Dans la ville qui accueille un grand centre sidérurgique, elle découvre très vite que les hôpitaux « débordent » d’enfants diagnostiqués anémiques. Quand elle veut en comprendre la raison, le corps médical, les autorités civiles et politiques se montrent curieusement peu coopératifs. Obstinée, elle va enquêter et découvrir que des enfants vivant à proximité de la fonderie souffrent de graves intoxications au plomb. Vérité scientifique, protection, traitement des enfants et performances industrielles attendues par le pouvoir communiste s’avèrent apparemment inconciliables. La série présente avec réalisme le combat de cette femme, qui a véritablement existé, pour convaincre les autorités encore sous forte influence soviétique, les parents, les dirigeants de l’usine, de soigner et protéger ces enfants.  

Points forts

Derrière le visage austère de Jolanta Wadowska-Król, se cache une humanité, une détermination et un courage que le scénario va révéler au fil des épisodes, pour nous faire découvrir une femme hors du commun.

Son obstination la conduit, portée par une vérité plus impérieuse que sa sécurité, à affronter sans crainte la pyramide des pouvoirs de la société polonaise de l’époque, les méthodes de contrôle de l’opinion et d’intimidation, modérée comme violente, des individus qui ne veulent se soumettre aux vérités assénées par le parti communiste.

La série aborde clairement la difficulté à faire admettre l’antagonisme entre une activité industrielle soumise à des contraintes idéologiques de rentabilité, et la santé des habitants de la ville, et plus particulièrement de ceux qui vivent à proximité immédiate du complexe industriel.

Le côté « chromo » des images donne à la série une atmosphère rétro soutenue par une reconstitution méticuleuse des rues, des appartements, des lieux de pouvoir, et des incomparables véhicules de l’ère soviétique. 

Une postface, dans le générique de fin, résume la vraie vie de Jolanta Wadowska-Król, décédée en 2023.

Quelques réserves

Il ne faudra pas être un hyperspécialiste des complexes industriels pour se rendre compte que le site sidérurgique est en partie (ou en totalité ?) une reconstitution en images de synthèse. Ce détail ne retire rien à l’intérêt de la série, dont certains pourront regretter le caractère répétitif de certaines scènes. Nous y avons plutôt vu l’expression de la détermination de Jolanta à établir un diagnostic incontestable des enfants, et à y apporter une solution durable.  

Encore un mot...

L’intérêt majeur de la série réside dans la relation d’un fait réel que les autorités polonaises, dans les années 1970, ont longuement cherché à cacher. Sur le fond, la critique d’une société dominée par l’idéologie collectiviste qui gomme l’individu au profit d’objectifs de productivité purement politiques est sans langue de bois. Sur la forme, l’association des images en « temps réel » de la série avec des bandes d’actualité de l’époque montre le fossé entre l’information officielle et la réalité vécue par les protagonistes. On sent dans ces deux points de vue la volonté de montrer l’affrontement entre l’humanité simple de cette femme pédiatre et la déshumanisation des relations humaines sous le régime communiste avant l’effondrement de l’influence soviétique, espoir de « glasnost » (transparence), dont cette histoire semble témoigner bien avant l’heure, avec une simplicité poignante. Notre spécialiste des séries, Jean Pierre Dusséaux, apporte à cette chronique ce commentaire très pertinent

 “ Il y a du Erin Brockovich dans Jolanda qui force le respect. Définitivement les séries qui nous viennent du nord ( y compris la Pologne au Nord !) sont passionnantes par leur approche très sensible de la réalité à travers des narration simples mêlant souvent reconstitution et archives (notamment L'Affaire Kim Wall venant du Danemark sur Arte.tv ou Heweliusz, toujours danoise, sur Netflix )”.

L'auteur

Joanna Kulig : Jolanta Wadowska-Król, pédiatre, décédée en 2023

Les acteurs

  • Agata Kulesza : professeure Krystyna Berger, chef du département de pédiatrie 

  • Kinga Preis : infirmière Wiesława Wilczek, collaboratrice de Jolanta

  • Michał Żurawski : Major Hubert Niedziela, l’officier chargé de « surveiller »  Jolanta Wadowska-Król

  • Marian Dziędziel : Jerzy Ziętek, voïvode de Katowice (responsable de la région, équivalent d’un préfet)

  • Zbigniew Zamachowski : Zdzisław Grudzień, Premier secrétaire du Comité provincial du Parti ouvrier uni polonais

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