Le statut de la liberté

De
Arthur Fournier
Mise en scène
Thibaut Joyeux
Avec
Arthur Fournier
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Café-théâtre Le Lieu
41, rue de Trévise
75010
Paris
Les jeudi 3, 24 et 31 mars à 21h30 et en tournée
Lu / Vu par

Thème

 • Arthur, la trentaine, réalise, lors d’une soirée estivale dans un Paris qui l’encourage à retrouver ses sensations infantiles et vélocyclistes, qu’il ne comprend plus son métier. Par conséquent, il va tourner le dos à la prometteuse carrière qui s’offrait à lui dans la banque, et se lancer à la conquête de sa liberté. 

• S’ensuivent une succession de saynètes qui illustrent et dérivent de cette prise de conscience fondatrice, et du grand virage sur l’aile vers la comédie et plus particulièrement le seul en scène : joies de l’intermittence, pratique du « ramadan surprise » permettant d’économiser la nourriture, voici pour les hors d’oeuvre...

Points forts

• L’air de rien, la succession des scènes obéit à une construction assez rigoureuse : partant de ce « statut de la liberté » conquis de haute lutte - et dont la modicité des revenus ne lui « donne même plus les moyens de polluer » - Arthur revient ensuite avec humour sur le métier qu’il exerçait, dans ses dérives les plus risibles (savoureux « tips and tricks » du télétravail, affres de l’anglais baragouiné à distance par des collègues non anglophones), ou ses pratiques les plus répandues , la souriante placardisation orchestrée par le souriant mais impitoyable Jean-Lou Bliette...), voire contaminatrices (un entretient familial qui passe à la moulinette de la novlangue des DRH).

• Cela n’exclut pas des dégagements très efficaces, où le rire s’emballe, comme cette Madame Bovary en mode Star Ac’, ou encore le dialogue de deux cailleras stupides et fiers de l’être, qui raviront sans doute Al. Finkielkraut et bien au-delà.

• L’expressivité et la gestuelle du comédien, servies par une pratique du piano fort convenable (un « Je suis venu te dire que je glandais » que n’eut pas désavoué Gainsbourg). La capacité à passer du comique pur à l’émotion sans fard ni affectation pour dévoiler, dans un cas comme dans l’autre, des pans de sa personnalité.

Quelques réserves

Pourvu qu’ une fois sa notoriété assise sur un succès mérité, il ne s’entoure pas plus tard d’une armée de rédacteurs de sketchs, comme tant de glorieux aînés le firent avant lui...

Encore un mot...

• Le rire n’est jamais aux abonnés absents du spectacle, mais il ne repose pas sur ces motifs faciles et/ou superficiels si souvent rencontrés dans les seuls en scène : identification rarement crédible du comédien à des personnages stéréotypés, développement de problématiques sociétales et prévisibles (le comique « couches-culotte et dents de sagesse »), personnalité qui ne se laisse pas deviner, ou plutôt qui en laisse deviner l’absence...

• On sort des sentiers battus, car il y a du rire - souvent aux éclats - mais aussi de la densité et de la réflexion chez un jeune homme qui a choisi de se placer « sous la protection du petit garçon qu’il était. »

Une phrase

 « Toujours connecté, jamais joignable » (tip and tricks du télétravail n°13)

« Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul. » (tirade du « non merci » extraite d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac)

L'auteur

• On sait assez peu de choses sur l’Arthur Fournier « d’avant », si ce n’est qu’après des études supérieures dignes d’éloge, il travailla un temps - mais assez vite pas à plein temps - dans la banque.

• Il passe ensuite par le cours Florent, qui lui laisse de bons souvenirs, même s’il déplore son « coût d’une école de commerce pour les débouchés d’une licence de socio »... 

• Humoriste et comédien, il compose des musiques de film, et en réalise. Il joue dans "Remise en Question" (Théâtre Le Lieu), puis dans "Avec Ou Sans Contact" (Avignon, 2019).

Avec Marc Rougé, ils forment les Bitch boys, une fine équipe qui chronique pour la version digitale de Voici une revue de presse passablement délirante.

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