Thêatre-Spectacles

Britannicus

Pas mal, mais des audaces contestables.
De Jean Racine
Scénographie: François Cabanat, Costumes: Dominique Bourde, Lumières: François Cabanat et Cyril Givort, Création sonore: Jules Jacquet, Video: Bernard Malaterre
Avec Philippe Levas et Christine Joly

Infos & réservation

Artistic Théâtre
45 bis rue Richard Lenoir 75011 Paris
Tél. : 01 43 56 38 32
http://www.artistictheatre.com
Jusqu'au 31 juillet. Durée: 1h45

Lu / Vu par

Françoise Boursin
Publié le 02 juil . 2019

Recommandation

2,0A la rigueurA la rigueur

Thème

Britannicus est l'une des premières grandes pièces de Racine, créée en 1669: 5 actes et 1778 alexandrins.
C'est l'histoire d'une émancipation et de la naissance d'un monstre, Néron, devenu empereur grâce aux intrigues, voire aux crimes de sa mère,  Agrippine. Après trois ans de règne sans histoires, il veut se libérer de la tutelle de sa mère, encouragé en cela par Narcisse. Néron veut détruire tout ce qui s'oppose à ses désirs: alors qu'il pourrait encore revenir en arrière, il fait empoisonner son frère Britannicus, après avoir enlevé Junie, la fiancé de ce dernier. II laisse mourir Narcisse. Junie se réfugie chez les Vestales et la fin de la pièce laisse présager la mort d'Agrippine et de Burrhus. La fatalité se mêle à la volonté de pouvoir pour aboutir au dénouement tragique.

Points forts

  •  
  • 1) La langue de Racine est la source d'un grand plaisir...
  • 2) Philippe Lebas réalise une incroyable performance d'artiste en jouant tous les rôles ou presque, les diverses manières de porter son foulard différenciant les personnages.
  • 3) Christine Joly interprète magnifiquement le rôle d'Agrippine, à l'acte IV.
  • 4) La mise en scène, très simple, permet de se repérer dans les différents actes.
  • 5) La video qui montre Néron vers la fin intensifie le côté dramatique de la chute du personnage. 
     

Points faibles

  •  
  • 1) Mais le choix de faire jouer la quasi-totalité des personnages par un seul comédien me semble discutable: malgré la grande qualité du jeu, j'en vois mal la justification et il me semble que cela empêche de croire complètement à l'action.
  • 2) Autant j'ai trouvé Christine Joly remarquable dans son rôle d'Agrippine, autant sa place dans le reste de la pièce me semble étrange: assise dans un coin de la scène, sur une chaise, tantôt elle dit le nom des personnages que Philippe Lebas interprète, tantôt elle joue le rôle de souffleur. Bon ?
  • 3) La mise en scène soutient le parti pris du jeu, mais elle ne parvient pas toujours à rendre les sentiments crédibles.
     

En deux mots ...

C'est certes une performance d'acteur exceptionnelle,. mais cette performance était-elle vraiment nécessaire pour nous faire entrer dans le tragique de la pièce? Je ne le crois pas.
 

Un extrait

Burrhus à Néron
« Vous allumez un feu qui ne pourra s'éteindre. 
Craint de tout l'univers il vous faudra tout craindre,
Toujours punir, toujours trembler dans vos projets,
Et pour vos ennemis compter tous vos sujets. »

L'auteur

Jean Racine (1639-1699) est l'auteur célèbre de nombreuses tragédies, toutes écrites de 1667 à 1677: Andromaque, Britannicus, Bérénice, Bajazer, Phèdre, pour ne citer que les plus connues. Proche de Port-Royal et du jansénisme, il accorde une grande place à la fatalité, mêlée à la prédestination. Cette influence religieuse le conduit à arrêter d'écrire ses tragédies profanes et, à la demande de Madame de Maintenon, il écrira bien plus tard deux tragédies bibliques: Esther (1689) et Athalie (1991).

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