Thêatre-Spectacles

PELLEAS ET MELISANDE

Lost story
De Maurice Maeterlinck
Mise en scène : Julie Duclos

Infos & réservation

Odéon (ateliers Berthier)
1 rue André Suarès (angle boulevard Berthier)
75017 Paris
Tél. : 01 44 85 40 40
http://www.theatre-odeon.eu
Du 25 février au 21 mars, du mardi au samedi 20h le dimanche 15h, relâche le lundi

Lu / Vu par

Louis Bertrand Raffour
Publié le 10 mar . 2020

Recommandation

2,0A la rigueurA la rigueur

Thème

Melisande, jeune femme fragile fuit… elle fuit le monde, la violence, la douleur lorsque Golaud qui la découvre au fond d’un bois, la convainc de le suivre… Il l’épousera. 

Grandit alors une lente histoire d’amour entre  Melisande, et Pélléas, demi-frère de Golaud. Dans le clair obscur d’un château assiégé par la misère, ou les terrifiantes grottes  où se réfugient les manants affamés, Pelleas se rapproche de Mélisande. De longs silences, parlent d’un amour qui grandit et qui ne peut que conduire au drame. Sur une scène à transformation, devant la caméra en direct ou sur grand écran, mais toujours dans l’intimité, un long calvaire commence. Partout la mort rôde.

Points forts

La mise en scène et la scénographie. Le texte de Maeterlinck est fait de silence(s), de mots simples qui évoquent plus qu’ils ne décrivent. Faire passer ces sentiments esquissés, ces passions inavouées, cette odeur de drame que le texte ne fait qu’envisager, est un défi. Julie Duclos le relève et le fait avec élégance. La lumière et la pénombre s’invitent comme un acteur essentiel de la troupe. Le cinéma et la vidéo y contribuent aussi, avec des images d’une beauté glaçante prêtes à nous submerger.

Mélisande. Alix Riemer, Mélisande diaphane, laisse deviner le feu qui peu à peu la consume, au cœur d’un jeu qui la dépasse, l’étouffe et l’emportera, elle est si juste, si transparente que ses silences parlent. Dans des rôles plus convenus Matthieu Semper (Pélléas) et Vincent Dissez (Golaud), la servent efficacement.

Points faibles

La pièce.  Il n’est pas anodin que « Pelleas et Mélisande » soit entrée dans la postérité davantage comme opéra que comme grand classique du théâtre. Le thème est inusable bien sûr, mais l’écriture,… toute en silence, en mots simples, en suggestions, en suspension est -elle vraiment faite pour être jouée ? Plus d’un siècle est passé depuis sa création, est-ce l’effet de l’âge ? Elle a pu surprendre à l’époque… mais aujourd’hui ?

En quittant le théâtre, se posent ces questions…

En deux mots ...

Je t‘aime… nous n’y survivrons pas…

Un extrait

Ne reste pas dans l’ombre Mélisande, penche toi, penche toi… laisse moi venir plus près de toi.

Je ne puis pas venir plus près, je me penche tant que je peux…. Je ne puis monter plus haut

L'auteur

Poète et essayiste, l’écrivain flamand Maurice Maeterlinck est l’auteur d’une quinzaine de pièces, et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1911.
Né à Gand en 1862, Maeterlinck débute par des poésies symbolistes. Il évoque dans son théâtre (dès sa première pièce, La Princesse Maleine, en 1889) des états d’âme mystérieux, en proie à la hantise de forces obscures et malveillantes.
Écrit en 1892, Pélléas et Mélisande est créée le 17 mai 1893 par la compagnie du Théâtre de l’Œuvre. Ce drame intemporel a marqué le théâtre symboliste mais surtout la composition musicale des débuts du XXe siècle : Fauré, Debussy, Schönberg et Sibelius…
En 1905, il écrit L’Oiseau bleu, pièce qui connaît un succès international .
Après sa carrière de dramaturge, Maeterlinck rédige des essais dans lesquels il part à la découverte philosophique du monde végétal…
Après de nombreux voyages, il s’installe définitivement avec son épouse à Orlamonde, palais qu’il a conçu lui-même à Nice, et où il meurt le 6 mai 1949.

LA METTEUSE EN SCENE
Actrice et metteuse en scène, Julie Duclos s’est formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Elle y présente Fragments d’un discours amoureux d’après Roland Barthes, qui est très vite repris à Paris (La Loge). En 2012, dans sa deuxième création, Masculin/Féminin, elle expérimente librement les frontières du jeu, entre réel et fiction. A La Colline, où elle a été artiste associée de 2015 à 2017, elle a monté MayDay, de Dorothée Zumstein (2017).
Comédienne, elle a joué au théâtre avec Serge Noyelle, Geneviève Schwoebel, Jean-Pierre Vincent et Marc Paquien. Au cinéma, elle a tourné récemment  dans Grâce à Dieu de François Ozon (2018). 
Elle se consacre actuellement à l’écriture d’un long-métrage.
Julie Duclos est aujourd’hui artiste associée au Théâtre national de Bretagne, dirigé par Arthur Nauzyciel.

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