Alexeï et Yulia (Navalny mon amour)

Un cri de résistance, de liberté, d’amour… un spectacle nécessaire.
De
Sabrina Kouroughli et Gaëtan Vassart
Duréee 1h
Mise en scène
Sabrina Kouroughli et Gaëtan Vassart
Avec
Sabrina Kouroughli et Gaëtan Vassart
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Théâtre de Belleville
16, passage Pivert
75011
Paris
01 48 06 72 34
Jusqu’au 28 mars 2026. Du mercredi au samedi à 19h15

Thème

  • A la veille de leur retour à Moscou, Alexeï Navalny (premier opposant à Vladimir Poutine) et sa femme Yulia se retrouvent seuls, face à une décision cruciale :

    • il sort tout juste de 18 jours de coma après un empoisonnement au Novitchok, et pourtant il veut rentrer ;

    • elle, lucide sur ce qui l’attend forcément à Moscou, tente de le dissuader. 
      Faut-il affronter le danger ou résister depuis l’exil ? Peut-on encore s’aimer si on trahit qui l’on est ? 

  • Ce huis-clos, inspiré de faits réels, imagine la dernière nuit du couple au bord du précipice dans un face à face tendu entre espoir, engagement, amour et tragédie.

Points forts

  • L’espace scénique est sobre : un carré rouge au sol, trois bancs en bois qui ferment l’espace, une guitare posée d’un côté, une couverture posée de l’autre. On n’a besoin de rien d’autre que ce rouge pour évoquer l’amour extrême qui unit ces deux êtres, mais aussi le sacrifice et le sang versé lors de tortures, de répressions ou d’exil. Ce carré rouge au sol, comme un ring de boxe, devient un territoire symbolique : celui de l’engagement et du déchirement. La guitare nous ramène à la douceur et la tendresse entre Yulia et Alexeï, elle est lueur d’espoir, la promesse d’un avenir moins dur, moins tragique, elle adoucit les silences. La couverture évoque la prison, le froid sibérien, le dénuement total des cellules d’isolement.

  • Au tout début de la pièce, Alexeï et Yulia marchent en silence dans ce ring rouge, se croisent, s’éloignent, se frôlent, se cherchent, se tournent le dos, et la musique envahit l’espace : une reprise de Perfect Day de Lou Reed - ici interprétée par Anohni, (anciennement Antony and the Johnsons) dont la voix androgyne, fragile, tremblante, mais si puissante amène une profondeur sensuelle immédiate au plateau - et les paroles résonnent parfaitement avec l’univers émotionnel du couple et les questions que nous allons traverser avec eux dans l’heure qui suit : résistance, tendresse, amour, liberté et vertige de l’engagement.

  • Et puis c’est elle, Yulia, la femme, qui prend la parole en premier, et sa colère éclate, elle lui hurle pratiquement son désespoir de le voir préférer partir vers sa mort certaine plutôt que la vie auprès de sa famille « c’est moi ta patrie ! » lui crie-t-elle à plusieurs reprises. Elle lui offre l’amour plutôt que la mort, argumente sans relâche qu’il peut continuer son engagement et son combat, mais depuis Berlin, en restant libre et vivant ! Ses mots sont tranchants, durs, violents mais sa colère n’est qu’un cri désespéré d’amour infini. 

  • Vient ensuite la parole d’Alexeï, posée, pleine, grave, presque apaisée, car déjà décidée. Il lui assure son amour mais pour le préserver il ne peut pas rester, ce serait trahir qui il est et devenir « un homme gris ». Sa colère à lui est intacte, décuplée même depuis son empoisonnement. Il a survécu à la mort et survivra encore, et il fait un pari avec lui-même pour sauver cette Russie qu’il aime tant, pour que le sursaut arrive enfin, que la révolution éclate, que la peur change de camp ! 

  • Navalny n’apparaît pas ici comme un martyr mais comme un homme droit dans ses bottes, lucide, à l’engagement infaillible, combatif et porté par la foi et l’espoir. Et Yulia, tout aussi forte mais qui place l’amour devant tout. 

  • Comme l’expliquent Sabrina Kouroughli et Gaëtan Vassart : « Ensemble, ils nous rappellent que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la décision de ne pas fuir (…) C’est un théâtre de résistance joyeuse, un théâtre du vivant qui cherche moins à convaincre qu’à éveiller. UN théâtre qui interroge notre présent : à quel moment faut-il se lever ? quand le silence devient-il complice ? Que sommes-nous prêts à risquer pour rester debout ? ce spectacle est une célébration du courage à deux voix. » 

Quelques réserves

Absolument aucune.

Encore un mot...

  • C’est un texte et une interprétation à deux voix, à deux corps, qui prend aux tripes, et qui nous accompagne longtemps après être sortis du théâtre. Nous avons besoin, aujourd’hui plus que jamais, de cet appel à résister, à ne pas détourner les yeux, à mettre en lumière ces voix dissidentes qu’on bâillonne et qu’on tue. 

  • C’est un théâtre du sursaut, qui refuse l’amnésie, et au-delà de la Russie, le spectacle met le doigt sur ce qui peut arriver partout : quand le pouvoir dévore la vérité, quand la peur ronge les consciences et quand l’amour devient un geste de résistance.

  • A travers l’histoire des Navalny, Sabrina et Gaëtan posent la question : Jusqu’où serions-nous capables d’aimer sans renoncer à lutter ?

Une phrase

  • Sabrina Kouroughli et Gaëtan Vassart se rencontrent sur les bancs du CNSAD en 2001 et créent ensemble en 2014 la Compagnie La Ronde de Nuit. Ils développent ensemble un travail théâtral ayant pour thématique l’exil, l’aspiration à une vie meilleure et l’émancipation au travers de figures féminines marquantes. En parallèle de leurs créations, ils enseignent chacun le théâtre dans des établissements scolaires ou écoles de théâtre.

  • En 2022, ils créent L’art de perdre-comment faire resurgir un pays du silence, adaptation du roman d’Alice Zeniter, qui s’est joué en tournée plus d’une centaine de dates à ce jour.

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