Diner avec Alexandre le Grand

Une brillante présentation de la politique du conquérant qui a changé l'histoire du monde
De
Babis Plaïtakis
Durée : 1 h
Avec
La compagnie l'Onde bleue
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de Nesle
8 rue de Nesle
75006
Paris
01.46.34.61.04
Mercredi 6 mai 2026, jeudi 7 mai et samedi 9 mai à 21h, dimanche 10 mai à 17 h

Thème

  • Les trois actes de cette pièce écrite et mise en scène par Babis Plaïtakis relatent l'un des épisodes marquants de la vie d'Alexandre le Grand : un diner amical trop arrosé qui se termine mal. 
  • Au 1er acte, Alexandre rappelle ses liens (houleux) avec son père Philippe de Macédoine. Il expose aussi sa philosophie politique envers "les Barbares" : les soumettre en les flattant, adopter leurs moeurs et coutumes, se vêtir comme eux, épouser leurs femmes, afin d'établir une coexistence pacifique. Politique qui ne plait pas à tous ses conseillers pour qui la force et la domination seraient meilleures ... D'où la querelle qui nait entre le jeune héros et son ami Kleitos, frère de sa nourrice, qui aboutit au meurtre de ce dernier. 
  • Le 2ème acte expose le désespoir d'Alexandre d'avoir tué celui qui, jadis, lui avait sauvé la vie et, par la suite, avait sauvé l'expédition entière. Désespéré, enfermé dans sa tente, il envisage de mettre fin à ses jours avec la lance même qu'il a plantée dans la gorge de Kleitos. Il désire avec lui "descendre ensemble les marches de l'Hadès". 
  • Le 3ème acte voit les autres conseillers d'Alexandre revenir vers lui en l'abjurant de ne pas se suicider, affirmant que Kleitos, arrogant et échauffé par le vin, n'a eu que ce qu'il mérite, et pressant le conquérant de poursuivre la route vers l'Est pour reprendre conquêtes et combats. Alexandre se remémore les conditions dans lesquelles il a été plusieurs fois blessé et celle où Kleistos le protégeant lui a sauvé la vie. 

Points forts

  • L'intérêt de cette pièce n'est pas seulement de rappeler un épisode fâcheux de la vie d' Alexandre qui, on le sait, fut l'un des plus grands conquérants du monde : à 32 ans, il avait déjà ébranlé la puissance perse, traversé l'Hindou Kouch, conquis l'Egypte : son empire s'étendait de la Méditerranée à l'Inde. L'auteur, par des dialogues fondés sur une documentation très fouillée, fait comprendre les raisons profondes des conquêtes d'Alexandre : porter les vertus grecques à des peuplades frustres (encore que ce n'était pas le cas de la Perse) pour qu'elles puissent accéder enfin à la civilisation. 
  • Ce qui n'interdit pas de piller les richesses des conquis ! Comme le fait remarquer Alexandre à ses compagnons : "Vous vivez une vie de plaisirs dans l'opulence, j'ai même entendu dire que certains avaient des clous en argent sous leurs semelles". 
  • La pièce fait également réfléchir au danger encouru par celui qui ose dire la vérité à qui détient le pouvoir : Kleitos, refusant flagornerie et flatterie, parlant en homme libre, affirmant que la guerre et ses campagnes éprouvantes, durent depuis trop longtemps (ils ont quitté la Grèce depuis 6 ans), brave l'autorité du maître au péril de sa vie. Ainsi, même les plus grands peuvent un jour subir sa colère ... 
  • De belles citations d'Euripide (dans Andromaque notamment, ce qui donne envie de relire la tragédie) : "Il vaut mieux ne pas remporter une victoire déshonorante que d'employer la haine et la force pour faire chanceler la justice". 

Quelques réserves

  • Les nombreuses références aux batailles gagnées par Alexandre nécessitent d'avoir relu, auparavant, une biographie du conquérant. Faute de quoi, on ressent une sorte d'étourdissement à entendre l'évocation de tant de lieux et noms inconnus ou oubliés. 
  • En introduction de la pièce, la danseuse, style pseudo-égyptien, n'a pas ajouté grand chose à l'intérêt. Il eût mieux fallu, peut-être, évoquer les épouses d'Alexandre dont Barsine et Roxane, l'adolescente "la plus belle des filles d'Asie". 
  • Le théâtre, belle cave voutée du moyen-âge, est de ce fait petit, ne comportant qu'une soixantaine de places. Ce côté intimiste rapproche les spectateurs des acteurs mais il ne s'adapte guère à leurs cris ou hurlements...

Encore un mot...

Pour qui voudrait approfondir ses connaissances historiques, on peut conseiller de se référer au livre d'Adrian Goldsworthy (paru chez Perrin en 2022, traduit par Martine Devillers-Argouarc'h) simplement intitulé Philippe II et Alexandre le Grand. Un ouvrage détaillé de près de 580 pages de biographie plus une centaine de pages de notes et références. L'épisode relatant ce fameux diner est en pages 455 et suivantes.

Une phrase

Paroles d'Alexandre : 

  • "Nous sommes venus ici pour apporter aux Barbares la lumière grecque" 
  • "Une occupation forcée ne dure pas"

L'auteur

  • Babis Plaïtakis, né à Héraklion en Crète, est auteur, metteur en scène, réalisateur et scénariste. Il a publié plusieurs romans historiques avec des personnages de l'Antiquité : Hypatie, la femme qui a osé (éd. Complicités,2025) ;  Le Greco et le Grand Inquisiteur ( éd. Complicités,2025)  ; Alcibiade, l'enfant terrible de la Grèce (l'Harmattan, 2012), tous traduits en plusieurs langues. 
  • D'abord écrite en grec, la pièce Diner avec Alexandre le Grand a été traduite en français par Philippe Delobel et par Babis Plïtakis lui-même, francophone et francophile. Elle est publiée en livre aux éditions Complicités.

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