Judith Magre et Éric Naulleau évoquent Eugène Ionesco

Présent passé, passé présent
De
Eric Naulleau
Durée : 1h15
Avec
Judith Magre
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de Poche-Montparnasse
75, Bd du Montparnasse
75006
Paris
01 45 44 50 21
Jusqu’au 21 décembre 2026. Tous les lundis à 19h.

Thème

  • Le spectacle se veut une exploration joyeuse de l’abécédaire des auteurs du XXème siècle, ponctué de lectures. Après Aragon et Apollinaire, Judith Magre et Eric Naulleau poursuivent leur voyage littéraire en invitant dans leur duo Ionesco, cet écrivain visionnaire, dramaturge de l’étonnement, pour q « la vérité est dans l’imaginaire. »

  • Les œuvres, citées ici par ordre d’évocation, sont tirées de Notes et contre-notes, L’Expérience du théâtre (1962), La Cantatrice chauve (créée le 11 mai 1950), La critique, les critiques littéraires et autres accidents (articles de 1930 à 1933), La Leçon (créée le 20 février 1951), Rhinocéros (créée le 6 novembre 1959), Présent passé, Passé présent (1968), Entre la vie et le rêve (1977), plus deux extraits La quête intermittente (1987), et enfin Les Chaises (créée le 22 avril 1952).

Points forts

  • •La force du texte : le théâtre de Ionesco aborde des sujets qui résonnent à nos esprits : la relation à l’art, la nostalgie du paradis perdu,  de la campagne, les relations de couple, l’inquiétude par rapport à la mort.

  • L’animation par Eric Naulleau, qui a été enseignant et s’exerce avec conviction à la pédagogie autour de Ionesco. Attentif à Judith Magre, il est suspendu à son souffle et à sa prise de parole, non sans une certaine appréhension à certains moments.

  • La voix légendaire de Judith Magre, cette belle voix grave et sa diction parfaite, qui recréent dans ce spectacle la magie de toujours. Elle ne manque pas d’humour et sait évoquer finement et avec brio le « théâtre de l’absurde » aimé de Ionesco.

Quelques réserves

  • • Malgré tout son talent et sa belle voix, Judith Magre perd par moments le fil du récit, et apparait parfois un peu perdue dans son texte, grand âge oblige (la comédienne est âgée de 99 ans.

  • Elle semblait davantage à son aise et dans son élément avec le précédent hommage poétique rendu à Aragon au Théâtre de Poche.

Encore un mot...

• Ionesco, ce dramaturge de l’étonnement, qui n’aimait pas le théâtre et ses grosses ficelles, nous est conté dans ce spectacle avec une modernité qui fait sens pour nous encore aujourd’hui. 

• Il exprime dans ces textes une certaine angoisse de la vie et des mots transfigurée par l’expression artistique et théâtrale.

Une phrase

  • « Tout avait un visage. »

  • « Si je cessais de peindre, je serais totalement désespéré. »

  • « Il faudrait parler de travers, se passer de mots. »

L'auteur

La causerie est conçue et animée par Éric Naulleau autour de l‘œuvre d’Eugène Ionesco (1909-1994).

  • Ce dernier est né à Slatina (Roumanie) d’un père roumain et d'une mère française, de sorte qu’il passa sa petite enfance en France, et écrivit à onze ans ses premiers poèmes, un scénario de comédie et un « drame patriotique. » 

    En 1925, le divorce de ses parents devait le conduire à retourner en Roumanie avec son père. Il fit là-bas des études de lettres françaises à l'université de Bucarest, participant à la vie de diverses revues avant-gardistes. En 1938 Ionesco regagnait la France pour préparer une thèse, interrompue par le déclenchement de la guerre, ce qui l'obligea à regagner la Roumanie. C'est en 1942 qu'il devait se fixer définitivement en France, obtenant après la guerre sa naturalisation.

    En 1950, sa première œuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée « anti-pièce », était représentée au théâtre des Noctambules. Il y exprime son étonnement devant la vacuité des êtres et toutes les formes d'abrutissement. Échec lors de sa création, cette parodie de pièce allait durablement marquer le théâtre contemporain, et faisait de Ionesco l'un des pères du « théâtre de l'absurde », une dramaturgie dans laquelle le non-sens et le grotesque recèlent une portée satirique et métaphysique, présente dans la plupart des pièces de Ionesco, dont La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s'en débarrasser (1953), L'Impromptu de l'Alma (1956), Rhinocéros (1959), dont la création par Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France apporta à son auteur la véritable reconnaissance.  Auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur le théâtre, dont le célèbre Notes et contre-notes, Eugène Ionesco a été l'un des premiers auteurs à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade. Il fut élu à l'Académie française le 22 janvier 1970.

  • Éric Naulleau est écrivain, éditeur, traducteur, chroniqueur médiatique et critique littéraire impitoyable (cf. Le Jourde et Naulleau, précis de littérature du XXIe siècle, écrit avec Pierre Jourde) et médiatique. Diplômé de lettres à l’université Paris-Nanterre, il a enseigné le français en Bulgarie, où il a découvert la littérature balkanique. En 1993, il a fondé la maison d’édition L’Esprit des péninsules, dédiée aux littératures d’Europe de l’Est et du monde arabe. Il a reçu le prix de la traduction de l’UNESCO pour Adieu Shanghai d’Angel Wagenstein. 

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