La découvreuse oubliée (Marthe Gautier et la découverte de la trisomie 21)
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Thème
Il s’agit du quatrième épisode de la série théâtrale Les fabuleuses d’Elisabeth Bouchaud.
Inspirée de l’histoire de la captation d’une découverte scientifique, la pièce met en scène les souvenirs de Marthe Gautier, médecin, dont les expériences permettent de comprendre l’anomalie génétique à l’origine de la trisomie 21.
Formée aux Etats-Unis après la guerre, Marthe Gautier maitrise des techniques d’expérimentation - la culture cellulaire - dont les résultats seront indûment portés au crédit de Jérôme Lejeune, médecin généticien, pendant des décennies, avant que la vérité n’éclate en 2014.
Points forts
La présence lumineuse de Marie-Christine Barrault offre à l’interprétation de Marthe Gautier une densité qui a pour effet d’authentifier le récit théâtral.
Chaque personnage se trouve situé, à diverses époques de son existence, dans sa carrière et ses dilemmes professionnels, politiques et moraux.
Une mise en scène, dynamique et esthétique, où d’excellents comédiens jouent plusieurs rôles, contribue à rendre le récit passionnant.
Quelques réserves
Aucune.
Encore un mot...
L’effacement des femmes des découvertes scientifiques majeures, qui ne sont que le fruit de leur travail acharné, interroge la société dans la mesure où il suffirait de leur donner la place qui leur revient pour interdire aux hommes de se les approprier, purement et simplement, de manière décomplexée.
Or, dans la hiérarchie scientifique, telle qu’elle préexiste et se perpétue inlassablement, il n’est de place que celle des hommes, unis dans un système d’auto-reconnaissance dont ils tiennent toutes les ficelles.
La violence symbolique qui se déploie alors envers les femmes ne semble être qu’une forme de conséquence de situations acquises, dont l’héritage n’est jamais discuté.
Une phrase
« Une fille doit travailler deux fois plus. »
« Un monde d’hommes avides de pouvoir. »
« C’est en lisant le journal Le Monde, qu’au mois de janvier 2014, je suis tombée sur un article de Nicolas Chevassus-au-Louis intitulé “La vieille dame et les huissiers de la Fondation Lejeune“. Je dois dire que j’ignorais alors qui était Marthe Gautier, et le nom de Lejeune ne m’était que vaguement familier. Cette histoire de très vieille dame qui ne se décide à dire sa vérité sur une découverte essentielle – la trisomie 21 comme origine du “mongolisme“ - qu’après cinquante ans de silence, et qu’on s’acharne à faire taire m’a bouleversée. » (extrait de la note d’intention d’Elisabeth Bouchaud).
L'auteur
Diplômée de l’École Centrale de Paris et docteure en physique, Élisabeth Bouchaud fait une brillante carrière de physicienne, et a notamment assuré la responsabilité du service de Physique des surfaces au CEA Saclay de 1999 à 2011, tout en s’attachant à une œuvre de vulgarisation de sa discipline.
Au cours de sa carrière de physicienne académique, elle a co-signé une centaine de publications sur les mécanismes physiques de la fracture de milieux hétérogènes et a encadré ou co-encadré de nombreuses thèses. Elle a reçu de nombreuses distinctions, en 1996 la médaille Jean Rist de la SF2M, en 2005 le prix Louis Ancel de la SFP, en 2010 la médaille Onsager, et 2013 le prix Aniuta Winter-Klein de l’Académie des Sciences, le prix Jean Perrin d’honneur en 2025.
Passionnée de théâtre depuis sa jeunesse, Elisabeth Bouchaud obtient en 1989 un Premier Prix d’art dramatique au Conservatoire de Bourg-la-Reine/Sceaux. Elle joue alors de nombreux rôles et écrit huit pièces.
En 2015, elle reprend le théâtre de La Reine Blanche, et décide de faire du théâtre son métier : écriture de scénarios, mise en scène et interprétation, afin de transmettre la science et surtout d’éclairer le rôle des femmes.
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