La sœur de Shakespeare
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Thème
La célèbre écrivaine Virginia Woolf s’apprête à donner une conférence à Cambridge sur la création littéraire, et s’interroge sur l’importance d’avoir « une pièce à soi » (« a room of one’s own »).
Elle en vient à imaginer que Shakespeare n’a peut-être pas écrit lui-même toutes ses œuvres, et que sa sœur pourrait bien être la véritable écrivaine de ses meilleures pièces…
Points forts
On a une bonne idée de départ : dans son célèbre essai, Une chambre à soi, Virginia Woolf imagine que Shakespeare avait une sœur aussi douée que lui pour l’écriture et le théâtre.
La grande écrivaine démontre qu’à l’époque élisabéthaine, les conditions d’accès au savoir et au pouvoir rendaient impossible pour cette sœur de composer et jouer des pièces. En effet, les femmes n’avaient à la fin du XVIe siècle pas le droit de jouer sur scène.
Quelques réserves
Malheureusement cette bonne idée est insuffisamment exploitée dans cette pièce de théâtre. Le discours sur le pouvoir des hommes est caricaturé, et par trop stéréotypé.
La mise en scène et le décor sont assez pauvres. Les comédiennes sont peu convaincantes, notamment Ines Amoura qui incarne Virginia Woolf elle-même. Son jeu et son chant n’emportent pas le public. La comédienne qui campe la sœur de Shakespeare, Solenn Groix, a de bons moments assez délicats, avec un jeu et une gestuelle précis, qui lui donnent un air tout à la fois fragile et forte.
On dirait que l’autrice de la pièce exploite des thématiques d’actualité et des idées féministes de façon superficielle. On aboutit davantage à un « pink washing » que sur une approche convaincante de la démonstration de Virginia Woolf.
Encore un mot...
Dans notre monde moderne, on parlerait “d’invisibilisation“ des femmes, de contraintes familiales et sociales qui empêchent la réalisation personnelle, la créativité et l’épanouissement des femmes. C’est le rapprochement visé par cette adaptation de l’œuvre de Virginia Wolf.
Une phrase
« Les hommes écrivent sur les femmes. La femme est l’animal le plus examiné de l’univers. »
« Depuis de siècles, les femmes servent de miroir. »
- « Pourquoi les hommes ne restent-ils pas toute leur vie avec leur mère ? Ca nous ferait des vacances. »
L'auteur
La jeune autrice et metteuse en scène, Juliette Marie, signe ici une première création théâtrale d’après l’œuvre de Virginia Woolf, née Adeline Virginia Alexandra Stephen le 25 janvier 1882 à Londres et morte le 28 mars 1941 à Rodmell.
Cette femme de lettres anglaise fait partie des principaux écrivains modernistes du XXe siècle.
Dans l'entre-deux-guerres, Virginia Woolf est une figure marquante de la société littéraire londonienne et une membre centrale du Bloomsbury Group, qui réunit des écrivains, des artistes et des philosophes anglais.Ses romans - Mrs Dalloway (1925), La Promenade au phare (1927), Orlando (1928) et Les Vagues (1931), ainsi que l'essai féministe Une chambre à soi (1929) – ont fait d’elle l’un des principaux écrivains du XXe siècle.
- En 1941, à l'âge de 59 ans, elle se suicide par noyade dans l'Ouse, près de Monk's House, dans le village de Rodmell, où elle vivait avec son mari, Leonard Woolf.
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