Le testament du Père Leleu
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Thème
Torine, la « servante à tout faire » du père Leleu, ne touche pas le moindre fifrelin de son patron, d’une ladrerie incommensurable. Pour s’assurer ses bons et loyaux services, ce dernier lui promet à moultes reprises d’en faire son héritière.
Hélas, le vieillard souffreteux meurt sans avoir fait de testament. La jeune femme décide de s’acoquiner avec son voisin pour rouler le notaire. Mais finalement, qui roule qui ?
Points forts
La roublardise paysanne n’a pas de limites. Et ici, nous sommes aux premières loges !
Le spectacle commence sur les chapeaux de roue, avec une comédienne épatante qui présente la pièce et fait participer un public qui s’y prête de bon cœur.
Le patois utilisé est très drôle et souvent, les mimiques des interprètes nous permettent de comprendre le sens des mots.
Les personnages sont bien croqués, chacun dans son domaine se croyant plus rusé que ses petits camarades, et nous donnent un aperçu de la vie sociale de l’époque, du peu d’importance accordé aux serviteurs et de la « faim de terre » chez les paysans : un arpent est un arpent, et tout est bon à prendre.
Les trois comédiens sont parfaits dans leurs rôles et mettent en valeur l’auteur, que l’on n’attendait pas dans une telle pièce et sur un tel registre...
Quelques réserves
- Nenni, une heure est vite passée…
Encore un mot...
C’est un Roger Martin du Gard inattendu qui nous surprend pas mal avec, selon ses propres mots, « cette farce paysanne [qui] lui soit un délicieux passe-temps. ». L’ensemble est très plaisant, comique, et aurait bien pu s’intituler Tel est pris qui croyait prendre !
L’intrigue est fort bien menée, avec beaucoup de finesse, et cette bluette de terroir est joliment interprétée par ces comédiens qui se renvoient la balle avec esprit, servis par un joli texte.
Une phrase
« Faut-il mander le Monsieur le Curé ? ça ne fait pas mourir.
- Non, mais ça ne fait pas vivre non plus… »Pour la truculence du verbe, on a relevé :
- « J’y accrabouille la goule. »
- « Plus chagnard qu’un touffiot de ronces. »
- « Plus râlu qu’un échardon. »
L'auteur
Roger Martin du Gard (1881 – 1958) a fait ses études à la prestigieuse Ecole des Chartes. Dès 1906, il se consacre à l’écriture, et fait la connaissance d’André Gide et de Jacques Copeau par l’intermédiaire de la Nouvelle Revue Française.
Il fait paraître Devenir, puis Jean Barois et en 1920, il s’attelle à la rédaction des Thibault, roman en huit volumes, qui lui vaut en 1937 le prix Nobel de Littérature.
- Réfugié à Nice (tenue par les Italiens) pendant l’Occupation allemande, il entame l’écriture de Souvenirs du Colonel de Maumort, sorti après sa mort. Ses œuvres complètes seront publiées dans la Collection de la Pléiade, avec une préface de son ami Albert Camus en 1955. • Depuis, Le Journal, Les correspondances (avec notamment André Gide, Jacques Copeau, Jacques de Lacretelle, Jean Tardieu, Stephan Sweig et Albert Camus) ont été publiés.
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