Les aventuriers de minuit

Il est minuit, Sir Doyle. Let’s go, mister Verne. Les princes de l’aventure se rejoignent. Jubilatoire !
De
Julien et Florence Lefebvre
Mise en scène
Elie Rapp et Ludovic Laroche
Avec
Stéphanie Bassibey, Emilie Cazenave, Pierre André Juin, Ludovic Laroche, Jeanne Réot, Nicolas Saint-Georges
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Studio Marigny / Carré Marigny
75008
Paris
01 86 47 72 77
Jusqu’au 30 décembre 2026. Du lundi au samedi à 21h, à 15h le dimanche

Thème

  • 1893, Nous sommes à Londres, chez le célèbre Arthur Conan Doyle, inventeur du détective Sherlock Holmes. Or l’écrivain en a assez de son héros et décide de le tuer. Sauf qu’une nouvelle énigme surgit, une vraie, en la personne d’une jeune femme qui supplie l’écrivain de sauver son frère injustement accusé et arrêté. Doyle hésite mais son hôte, qui n’est autre que Jules Vernes, arborant une barbe abondante - chenu mais toujours gaillard – va le convaincre de se jeter dans cette aventure prometteuse.

  • Et voici nos deux complices plongés dans les docks embrumés du Londres mal famé,  puis dans les mystérieuses landes des Moors, ou encore les les forteresses écossaises en ruines, évitant les  pièges et les manipulations périlleuses ourdies par des forces malveillantes. • L’imagination de l’auteur est sans limites, la perspicacité de nos deux fins limiers est sans faille, et il le faut, car le complot politico- financier est redoutable et les retournements de situation incessants. L’atmosphère du voyage est toujours présente, notamment en  images, facilitant le  plongeon dans l’imaginaire 

Points forts

  • S’il n’y en  avait qu’un ce serait celui-là : la mise en scène et encore la mise en scène. Elle donne vie à une quinzaine de tableaux différents dont les décors s’enchainent avec fluidité, certains comme par magie : 

    • exemple avec la vidéo plein écran  (sur toute la largeur de la scène) sur dimensionné, gros grain et gros plan  rapproché, limite bord de fosse, et d’où les personnages sortiront avec naturel,

    • il y a même un train à vapeur de l’époque, voire plusieurs.  

L’ensemble stimule notre imaginaire comme les images de  la démonstration des Frères Lumière à la Ciotat, sans aucun bruit. L’effet spécial très rare et très spectaculaire est obtenu par un système de  déformation d’images sur des dizaines de paravents animés. On croit retrouver la technique de l’anomorphose et du mur magique                                                                                                      

  • Le cocktail Conan Doyle / Jules Vernes est en vérité cette fois (d) étonnant : il fallait y penser ! Le contraste franco-britannique ne manque pas de sel.

  • L’excellent Pierre-Arnaud Juin  incarne un Jules Vernes « voyageur », incomparable découvreur d’indices… Excellente gestuelle, très bonne voix, grosse présence.

  • Et aussi un très bon Conan Doyle sous les traits de Ludovic Laroche en meneur de jeu infatigable.

Quelques réserves

  • Ne me demandez pas quel est le pitch. C’est un véritable défi car trop d’indices tuent les indices. N’est pas enquêteur qui veut ; au cœur de cette nuit noire là, une chatte n’y retrouverait pas ses chatons, mais ce n’est pas trop grave. Mieux, cela évite au critique indulgent de trop divulgacher…• 

Encore un mot...

  • … ou plutôt une énigme : Arthur Ignatius Conan Doyle signait ses œuvres et tous ses documents « A. Conan Doyle. ». Ceci explique cela : tout un chacun appelait l’inventeur de Sherlock Holmes  comme si c’était son nom. Mais le seul mot Doyle constituait bien son nom. Erreur compréhensible d’autant que parfois certains imprimeurs utilisaient la typographie Conan-Doyle. C’est  donc Miss Foster qui avait raison avec son mister Doyle. A l’instar du docteur Watson d’ailleurs (rappelons que Doyle était lui-même médecin).

Une phrase

(musique angoissante, puis résonnent les coups de minuit à l’horloge (genre Big Ben ?)

  • Conan Doyle : « Il faut que j’y aille, il faut que j’y aille !
    - La gouvernante : Mais  où ça Monsieur Doyle, où ça ?
    - Conan Doyle : A l’aventure, Madame Foster, à l’aventure !
    - La gouvernante : Mais enfin, il est minuit ! » 

  • « Le théâtre est pour nous un jeu où le public devient complice le théâtre doit être un espace revendiqué d’émotion et d’émerveillement. L’imagination est au centre de notre travail. » (Julien Lefebvre, note d’intention)

L'auteur

  • Julien Lefebvre, né en 1976, est diplômé du Conservatoire libre du cinéma, complété par un diplôme de la Sorbonne d’études des Arts et du Spectacle. A partir d’une même source d’inspiration il a écrit et monté trois pièces de théâtre : Le Cercle de White Chapel, Les voyageurs du crime, L’heure des assassins, qui furent salués par Christophe Barbier et Philippe Tesson comme étant les œuvres d’un as de l’intrigue mêlant réalité et fiction. 

  • Il a coécrit avec sa sœur Florence Lefebvre cette nouvelle pièce qui met en scène une confrontation amicale et constructive entre Jules Verne et Arthur Conan Doyle. 

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