Mon côté Wertheimer (Les mères poules ne font pas des mouettes)
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Thème
À partir d’une enquête consacrée à son arrière-grand-mère, Chloé Oliveres remonte sa lignée maternelle et interroge la transmission, de mère en fille, de l’anxiété, de la folie et de la peur de ressembler à sa mère, une peur, finalement, que l’on a peut-être dans chacun et chacune d’entre nous ?
Le récit intime devient progressivement une rencontre avec sa propre mère, sur fond de patriarcat (toujours...), d’histoire de la psychiatrie (qui fait souvent frémir...) et de résilience féminine (et montre à nouveau le courage des femmes à travers les siècles).
Le spectacle mêle rire, effroi, larmes et quête de sérénité, sans dévoiler l’issue de cette exploration familiale.
Points forts
La première force du spectacle tient à l'exceptionnelle performance de Chloé Oliveres, autrice et interprète de ce seule-en-scène. Avec une aisance remarquable, elle enchaîne les personnages en une fraction de seconde, passant d'une voix à l'autre, d'une génération à l'autre, d'un registre à l'autre. Son sens de l'improvisation lui permet également de jouer avec la salle et d'intégrer le public à son enquête intime, créant une proximité rare.
La mise en scène, volontairement épurée, se révèle d'une redoutable efficacité : sans artifices, elle accompagne la course effrénée de la comédienne et oblige le public à la suivre dans les méandres de sa mémoire familiale.
La pièce explore avec finesse les questions de filiation, d’héritage et de transmission entre générations de femmes. Elle interroge ce qui se transmet malgré nous : les blessures, les peurs, les fragilités, mais aussi la force de résister et de se (re)construire.
Cru, drôle, triste, émouvant, parfois fantasque, ce spectacle nourrit chez le spectateur une large palette de sentiments. On rit beaucoup, on est parfois saisi par l'émotion, souvent touché par la sincérité du propos. On ressort finalement bluffé par la virtuosité de l'interprète autant que par l'humanité de son récit. La précision de son jeu, sa présence scénique et la sensibilité de son écriture emportent le spectateur dans une quête familiale qui devient peu à peu une recherche de vérité sur soi-même.
Le spectateur - homme comme femme – pourrait même être amener à réfléchir sur son propre héritage familial et les “névroses“ peut-être transmises…
Quelques réserves
- On aurait parfois aimé quelques respirations supplémentaires pour savourer pleinement toutes les nuances d'un récit mené tambour battant !
Encore un mot...
- Au-delà du récit familial, Mon côté Wertheimer questionne la manière dont les femmes héritent autant d’une histoire intime que de représentations collectives sur la maternité et la santé mentale. La notion de « matrophobie », soit la peur de ressembler à sa mère ou de devenir comme elle, ouvre une réflexion plus large sur ce qui se transmet, ce que l’on répète et ce dont on tente de s’émanciper.
Une phrase
- « Est-ce que l’anxiété, c’est matrilinéaire, comme la judéité ? »
L'auteur
- Autrice, comédienne et cofondatrice du collectif Les Filles de Simone, Chloé Oliveres s’est imposée comme l’une des voix les plus singulières du théâtre contemporain. Formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, elle développe une écriture intime, drôle et profondément féministe, où l’autobiographie devient matière à réflexion collective.
- Après le succès de Quand je serai grande, je serai Patrick Swayze, elle poursuit avec Mon côté Wertheimer son exploration des héritages familiaux et de ce qui se transmet, malgré nous, de mère en fille.
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