Suzanne
Durée: 1H10
Infos & réservation
Thème
Nous sommes en 1935 et Suzanne Valadon, 78 ans au compteur, est hospitalisée après une mauvaise chute. Elle comprend alors que sa santé déplorable ne lui laisse plus beaucoup de temps à vivre. Raison de plus pour déguerpir au plus vite, mais on la retient « prisonnière » dans cet hôpital.
De plus son fils, Maurice Utrillo, veut l’abandonner pour épouser Lucie, la meilleure amie de Suzanne, mais cette dernière est prête à tout pour empêcher cette union. Suzanne a voulu sauver son fils de l’alcool en lui apprenant à peindre et lui ayant tout appris, elle ne comprend pas comment ce dernier peut oser vouloir quitter sa mère.
Seulement voilà, Maurice a dépassé sa mère en notoriété, et si la mère est fière de son fils, l’artiste en est maladivement jalouse. Maurice va faire irruption dans la chambre d’hôpital et à grand renfort de vin et d’éther, une joute mère-fils va prendre place, où la brutalité de cette relation toxique va éclore au grand jour.
Points forts
- Je suis au regret de n’en avoir trouvé aucun de notable.
Quelques réserves
La pièce devrait nous bouleverser, nous déranger, nous donner envie de nous plonger dans l’œuvre de l’un et l’autre artiste. Or, c’est tout l’inverse qui se produit : on assiste, consternés, à un règlement de compte un peu “au raz des pâquerettes“, entre une mère apparemment extrêmement toxique, et un pauvre fils alcoolique depuis son premier biberon, qui a réussi malgré tout - et surtout malgré lui-même - à devenir un artiste reconnu, tout en ayant l’air de se f…. royalement de la peinture...
La direction d’acteurs est grotesque, on sent qu’arracher quelques rires à la salle importe plus que de provoquer une émotion sincère, on ne croit ni à l’amour de la mère ni à celui du fils, ni au gouffre abyssal qu’est l’alcoolisme d’Utrillo, on ne ressent jamais la douleur immense de cette relation.
… et pourtant ils essaient bien de nous l’expliquer : on passe en revue toutes les horreurs que Suzanne Valadon a infligées à son enfant, et bien sûr on se dit “pauvre Maurice, quelle vie épouvantable, quelle mère épouvantable“… la complexité de leur histoire commune méritait bien plus, et le personnage incroyable pour son époque de Suzane méritait autre chose que cette interprétation bourrue, aguicheuse et manipulatrice qu’on nous donne à voir ici.
Encore un mot...
- Si vous ne connaissez pas l’artiste que fut Suzanne Valadon, je recommande plutôt d’aller voir ses œuvres pour mieux la rencontrer.
Une phrase
Le médecin [perplexe] « Une femme, peintre… Peinture décorative ? Sur meuble ? Décorative ? Sur papier peint ?
- Suzanne : Non, véritable peintre, célébrée, exposée en salon, vendue en galerie. »
L'auteur
Corinne Samama est spécialiste dans le coaching individuel et collectif de dirigeants et managers, elle a aussi écrit quelques livres, dont Utrillo, mon fils, mon désastre sur la relation de Maurice Utrillo et sa mère Suzanne Valadon.
Jean-Benoît Patricot est docteur en pharmacie, mais poursuit dans sa passion de lycéen : l’écriture et l’adaptation théâtrale. Son texte Darius est lauréat du prix Durance-Beaumarchais SACD. Il est également auteur de plusieurs fictions radiophoniques sur France Inter.
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