Juste un mot, le billet d’humeur de Pierre Bénard : Arrêtez d’ « impacter » !
On n’en peut plus d’ « impact », on en meurt, on en crève.
La France est sous « impact » comme un mur sous les balles.
Car on se rappelle encore, dans les « maisons de retraite » rebaptisées, c’est épatant, « EHPAD », l’époque où « impact » se limitait à « point d’impact » : point auquel un objet en vient frapper un autre.
Depuis ces jours lointains, « impact » a pris de l’ampleur, c’est le moins que l’on puisse en dire.
Il a jeté aux oubliettes du vocabulaire « effet », « conséquence », « influence », « retentissement », « répercussion », « contrecoup », « aboutissement », « résultat », « suite », « séquelle »…
Tous ces vocables ont disparu, broyés par ce craquètement universel : « impact, impact, impact »…
Et « impacter », bien sûr.
Ne nous laissons pas impacter. Amusons-nous plutôt à voir ce qu’il en était autour de 1860.
Du temps du cher Emile, « impact » n’existait pas.
Mais on trouve chez lui « impaction », « terme de chirurgie », employé par exemple pour une fracture du crâne « en plusieurs pièces, dont les unes font saillie en dedans et les autres en dehors ».
Les contemporains de Littré n’avaient pas la tête brisée « en plusieurs pièces » par « impact ».
Dessin de Xavier Broxolle.