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Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Bénard : « Canicule inévitable »

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« Canicule inévitable fin juillet », nous annonçait un gros titre.

Comme si toute canicule ne l’était pas, « inévitable ».

La mort aussi est « inévitable » et, de cette fatalité, nul ne songerait à faire un titre.

On voulait dire que la fin du mois n’échapperait pas à la grande chaleur, qu’une nouvelle hausse du thermomètre à ce moment était certaine, assurée, prévisible à coup sûr.

Ce qui serait « évitable », avec un peu de réflexion, ce seraient de pareilles bourdes.

Ce sont aussi les énormités que l’on voit s’étaler au bas de nos écrans, crever des milliers d’yeux et, contre toute attente, s’éterniser…

Jusqu’au moment où, n’en pouvant plus, on change de chaîne… pour y retrouver, tout aussi indéboulonnable, une autre faute d’orthographe ou une autre ineptie.

On observe que pour mériter la correction, une bévue doit être d’une évidence telle qu’un enfant de trois ans pourrait s’en alarmer.

Comme « cunicale »,

« inétivable »,

ou « fni juillet ».

Dessin de Xavier Broxolle.