Une vie, dans « l’objectif » de Madeleine de Sinéty : empathie et tendresse pour les classeslaborieuses de l’après-guerre.
Un beau livre et une expo émouvante retracent les joies de l’enfance, la vie au village et dans la campagne d’une France profonde en voie de disparition. Un vécu nostalgique pour cette grande photographe de l’instant qui a « saisi » le quotidien des gens simples et de la ruralité, par exemple les moissonneurs et les cheminots de sa région de Poilley en Bretagne, à proximité du berceau familial dans les années 1970, entre Fougères et le Mont Saint Michel (un cliché iconique : Guingamp-Paimpol-1971). La connivence, l’émotion et le réalisme sont les marques de son œuvre : plus de 4600 clichés dont la plupart étaient inconnus jusqu’à la première rétrospective et sa disparition.
Diplômé des Arts Déco elle a débuté par une carrière d’illustratrice. Son style n’est pas sans nous rappeler le peintre américain Hopper, pour l’esprit et l’ambiance sinon pour la technique. Rien d’étonnant, Madeleine était franco-américaine par son mariage. Elle a fini sa vie aux Etats-Unis. Une grande artiste, témoin majeure de son époque qui a fait l’objet de quelques très belles expos tant aux Etats Unis (Portland) qu’en France (Guingamp, centre d’art Guinzcal, Rennes-musée de Bretagne, Tours, aujourd’hui au Jeu de Paume, et documentaire sur Ouest-France.fr et FR3). L’ouvrage qui lui est dédié actuellement est préfacé par Nancy Huston.
Un livre (éd. Delpire) et une exposition rétrospective au Jeu de Paume à Paris jusqu’au 24 septembre 2026.