Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Bénard : Capacité de nuisance !
Je viens d’entendre, je vous le jure, et je me hâte de l’écrire de peur d’en rien changer : « être en capacité d’établir une capacité de nuisance ».
« Etre en capacité de » (ou « à ») signifie, de nos jours, « pouvoir ».
Petit exercice de français d’aujourd’hui :
« Je ne suis pas en capacité de formuler une réponse pertinente à votre questionnement par rapport à cette problématique. »
En langue d’hier :
« Je ne peux vous répondre là-dessus. »
Ou encore :
« Je ne sais pas. »
Nos ancêtres auraient dit, plus brièvement encore, « Je ne sais. »
Quant à la « capacité de nuisance », c’est ce que l’on appelait hier encore « pouvoir de nuire ».
Il pleut sur les « plateaux » des déluges de syllabes.
Que sera le français dans vingt ans ? Faudra-t-il cent mots pour dire « oui » ?
Cette inflation me préoccupe. J’en éprouve de la… « gênance ».
Dessin de Xavier Broxolle.