Langue française

Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Benard : Dire la désobstruction

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« Ormuz » ou « Hormuz », l’une et l’autre graphie s’emploie ou bien s’emploient.

Illustre bras de mer, destiné à laisser longtemps le souvenir d’un passage dangereux qu’il s’est agi de déboucher, de libérer, de dégager, de désobstruer… je n’ose écrire « désopiler ».

Ou de rouvrir, tout simplement.

De rouvrir, non de « réouvrir ».

Le fait de rouvrir se nomme « réouverture ».

Mais la réouverture n’est pas le fait de « réouvrir ».

On rouvre et non réouvre une plaie, un livre, une source, une discussion, un magasin…

Que faire, hélas ! contre le goût actuel du vocable le plus long, contre cette fureur d’amplifier, développer, tartiner à l’envi, en substituant, par exemple, « programmation » à « programme », « positionnement » à « position », « option » à « choix », « réhabilitation » à « restauration », « déterminé » à « décidé », « auditionner » à « entendre » … ?

« Réouvrir », c’est une syllabe de plus, au moyen d’une simple voyelle.

Mais, cette fois encore, grâces soient rendues à l’I.A. : ma machine s’est obstinée à souligner en rouge tremblé « réouvre » et « réouvrir ».

Dessin de Xavier Broxolle.