Langue française

Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Bénard : Hein ?

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L’interjection « hein », prononcée sur le ton de l’interrogation, feint de solliciter une approbation acquise d’avance, attendue et coulant de source.

Je ne parle pas du « hein ? » prononcé par le dur d’oreille ou l’inattentif, prière de répéter, que nos parents, qui ne pouvaient l’entendre sans se gendarmer, exigeaient que l’on remplaçât par « comment ? », « pardon ? », « plaît-il ? », « vous dites ? »

« Vous disiez ?... » demande Tournesol, qui n’a pas eu le temps de saisir son cornet acoustique alors qu’il est, de son propre aveu, « un peu dur d’une oreille ». Savant délicieux et d’une charmante éducation bourgeoise !

Je parle ici du « hein ?» qui signifie « n’est-ce pas ? » « Joli paysage, hein ? » « C’est un vrai génie, hein ? »

Ce « hein ? » prend à témoin en supposant votre assentiment. Il équivaut à un « n’est-ce pas ? »

Que fait-il, ce « hein ? », dans la bouche de ceux qui, par exemple, nous font part de la température prévue à Strasbourg ou à Montpellier ? Chaque fois que je l’entends, il me semble entendre dire : « Ce que je révèle est pour vous du plus vif intérêt et je suis sûr que vous êtes de mon avis quand j’annonce trente-deux au soleil pour demain place Kléber. »

Dessin de Xavier Broxolle.