Langue française

Juste un mot, le billet d'humeur de Pierre Bénard : Sur, bien sûr !

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Je ne pars pas en guerre contre l’usage de « sur » dans « habiter sur Paris » ou « rentrer sur Marseille ». J’admets que « sur », dans ces exemples, se rapporte à une localisation plus vaste que la ville dans les limites de son territoire. « A Paris », je réside dans un arrondissement. « Sur Paris », je suis dans Paris aussi bien qu’à Nanterre, Saint-Denis, Créteil ou Palaiseau.

Au reste je ne veux pas m’ériger en censeur, faire le grammairien grincheux, le fâcheux aristarque. J’observe la langue, en m’amusant un peu, c’est vrai, de ses révolutions, et sans laisser de m’étonner devant la vitesse avec laquelle une nouveauté prend. Du jour au lendemain, une création langagière passe dans toutes les bouches et sur tous les claviers. Un souffle, mille et mille feuilles frissonnent.

A propos de « sur » et de mode déferlante, je constate que « sur ça » a complètement chassé « là-dessus ». C’est encore une victoire de « sur ». Il y avait longtemps déjà que « contre ça » avait remplacé « là-contre ». Je ne m’insurge pas là-contre, pardon, contre ça. J’acquiesce avec un grand sourire. Je ne monte pas sur mes grands chevaux.

Je prends sereinement mon parti, également, de la disparition de « s’agir de » et d’un troisième triomphe de « sur ». « On est » maintenant « sur une question grave » comme sur une piste, comme sur Paris, comme sur ses grands chevaux.

Dessin de Xavier Broxolle.