Musique

Michel Portal vient de nous quitter à 90 ans, sans flons flons

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Le très grand instrumentiste de musique contemporaine post jazz s’est éteint à Paris le 12 février dernier. Le théâtre de Bayonne, où le soliste français de renommée internationale était né, autrement dit la Scène nationale Sud Aquitaine, porte désormais son nom. Son père argentin naturalisé français, roi de la banda et de la musique de rue le mettra très tôt (9 ans) sur les bancs de l’école nationale de musique, apprentissage du bandonéon et de la clarinette oblige. Les « classiques », les dancings et les concerts de folklore se disputent le prodige.

Premier prix de conservatoire de clarinette en 1959, Michel Portal joue en douce dans les clubs de jazz de Paris. Il accompagne les grandes vedettes de la chanson (Barbara, Gainsbourg), enregistre de grands compositeurs de Brahms à Bartok avec un touche très personnelle mais, surtout, il va constituer en 1969, avec trois instrumentistes décalés, le New Phonic Art  qui se veut le pendant du  fameux Art Ensemble de Chicago. Il joue avec les meilleurs solistes français, comme Pierre Michelot et Jean Luc Ponty, ou américains tels Archie Shepp et Ornette Coleman.

En quelques années,  Michel Portal se produira dans 250 concerts, ses albums triomphent, son public le porte aux nues tout comme ses confrères, tel Pierre Boulez. Il réunit dans une structure dédiée les chercheurs acoustiques du temps, lui le chantre de l’improvisation sans frontières. Ce que nous fredonnerons toujours? Le générique des émissions de  Michel Polac «Droit de réponse». Ecoutons son premier album free «Our meanings and our feelings» et ses sonates de Brahms...