Spécial anniversaire, 10 ans de BD sur Culture-Tops : 3 questions à Myriam Driessen
Myriam, vous êtes la 4ème membre de l'équipe BD que vous avez intégrée récemment, d'où vient votre passion pour la BD ?
Tout a commencé au cœur de ma petite enfance, au milieu des années 60, dans le grenier de ma grand-mère. Je venais d’apprendre à lire et suis tombée sur un tas d’albums de Tintin et d’exemplaires 1953-1954 du journal de Tintin (ceux qui publiaient la Marque Jaune !). Ils dataient de l’adolescence de mon oncle. Quel bonheur de partir découvrir le trésor de Rackham le Rouge, les éclipses des Incas… et surtout de se poser sur la Lune, juste avant Amstrong !
Il n’y avait pas d’autres BD chez moi, très peu dans les bibliothèques scolaires et municipales des années 70, mais une copine de pension en avait tout un stock. Elle les amenait par paquets chaque dimanche soir dans sa valise : tout le dortoir se les partageait et les échangeait pendant la semaine : ce fût la découverte des albums d’Astérix, Rahan, Lucky Luke et tant d’autres. Un peu plus tard, de Valérian, des frustrées, de Gaston Lagaffe, de La quête de l’oiseau du temps…
Ensuite, avec mes deux enfants, vint l’exploration de la caverne d’Ali Baba pendant plusieurs décennies de vie en Belgique, les stocks hebdomadaires empruntés à la bibliothèque communale accrochés avec des tendeurs sur nos vélos. Le salon du livre annuel de Bruxelles avec les auteurs en chair et en os devant nous. Les surprises pour tous, à chaque Noël.
Et maintenant ce sont mes fils qui m'offrent de nouveaux styles, des romans graphiques, des mangas… Et c’est la redécouverte des albums avec mes petits- enfants. J’ai déjà commencé avec la plus grande et, bien sûr, par On a marché sur la Lune. Elle n’a pas encore 7 ans et moi pas encore 77 ans… Nous avons donc encore de longues années de plaisir en perspective.
Une passion familiale et amicale au long court donc, partagée et transmise de génération en génération, un voyage sans fin à travers les mondes et le temps.
Pourquoi partagez-vous votre passion via les chroniques ?
Pour faire connaître mes coups de cœur, mes découvertes, mes surprises aux lecteurs, aux autres chroniqueurs et à tous mes amis à qui j’ai donné le lien de Culture Tops. J’aime connaître les dernières parutions et participer à cette œuvre collective qui démontre que tout le monde, à tout âge, peut trouver son bonheur dans ce genre immense qui a de grands talents.
L’exercice de rédiger une chronique donne l’occasion de lire avec plus d’attention pour s’expliquer et expliquer aux autres le plaisir que l’ouvrage procure, en quoi il est intéressant, original, parfois surprenant. J’aime montrer la qualité et la grande diversité des graphismes de BD, des techniques utilisées. Ayant pratiqué longtemps le développement de photographie argentique je suis sensible aux cadrages, au choix des points de vue, aux couleurs mais aussi à la sobriété des romans graphiques en noir et blanc. J’aime partager la puissance d’évasion, l’humour des dialogues et des situations de nombreuses BD.
Je lis beaucoup depuis ma jeunesse, surtout des essais scientifiques, économiques, historiques… Des livres variés mais souvent assez denses. La BD a toute sa place dans cette passion avec la vision particulière qu’elle offre, pour se distraire tout simplement, tout en réfléchissant aussi, suivant les sujets traités. Comme dans de récentes BD sur la vie de César ou celle d’un berger dans les Pyrénées, dont j’ai rédigé les chroniques.
Quelles BD vous ont marquée et pourquoi ?
Choix très difficile ! Bien sûr les grands classiques, la majorité des albums de Tintin et d’Astérix. L’aventure, les personnages, l’humour à chaque page. Des vignettes gravées à tout jamais dans la mémoire, qu’il suffit d’évoquer en famille pour éclater de rire : le sparadrap du Capitaine Haddock, le prototype du sous-marin et les quiproquos de ce « zouave » de Tournesol « un peu dur d’oreille », le légionnaire recalé d’Astérix, « trop maigre », les gaffes de Lagaffe… Il y eut aussi les Valérian pour la Science-fiction francophone. Passionnée par l’observation de la Nature depuis l’enfance, j’ai été « fan » des Rahan et de la série de mangas Seton (Taniguchi), pour leur côté naturaliste, leurs aventures à la Jack London ou Curwood, autres grands bonheurs de jeunesse. Ces dernières années j’ai bien aimé les séries du Chat du rabbin et les Culottées ainsi que Le Monde sans fin, qui portent sur des sujets de société très actuels, traités avec justesse.